Un site particulier : celui de Salam Pax

Outre les sites d'information, un nouveau type de pages a connu un essor surprenant depuis le début de la guerre : les warblogs. Il s'agit de blogues, ces sites Internet servant de tribune libre, déjà très populaires, mais cette fois consacrés à la guerre. Plusieurs journalistes américains ont lancé leur warblog, qui leur permet de fournir les informations de façon plus libre, sans être limités par une rédaction. Mais ils ne sont pas les seuls.


Site de Salam Pax

Le blogue qui a fait couler le plus d'encre s'appelle Where is Raed? (Où est Raed?). Son auteur se fait appeler Salam Pax, un pseudonyme qui désigne le mot paix en arabe et en latin. Salam Pax s'exprime dans un anglais impeccable, ce qui a amené un bon nombre d'internautes à se demander s'il était vraiment irakien. Les rumeurs les plus étranges ont couru sur le Net à son sujet : est-il un agent du Mossad ou travaille-t-il pour les Américains? Quoi qu'il en soit, il tient depuis plusieurs mois un journal web, où il décrit la vie dans Bagdad.

Le nombre de détails que fournit Salam Pax indique que, quelle que soit sa nationalité ou son rôle, il vit bien dans la capitale irakienne. Sa popularité est telle que certains ont craint qu'il ne se fasse repérer par les autorités irakiennes, qui contrôlent vigoureusement l'information sur leur territoire. Son journal est interrompu depuis le 24 mars, et d'après un blogueur australien, Al-Jazira indiquait qu'il avait certainement été blessé par un obus tombé sur sa maison, et qu'il avait été transféré dans un hôpital, puis à Najaf.

Le 22 mars, Salam Pax écrivait : « Aujourd'hui, nous avons eu un grand nombre d'attaques pendant la journée. Certaines sans sirènes d'alarme. Ils ont certainement renoncé à être dans les temps pour le déclenchement des sirènes. La nuit dernière, après des vagues et des vagues de bombardements, ils arrêtaient la sirène de fin d'alerte à la bombe pour la relancer une demi-heure après. »

Les Montréalais interrogés sur Salam Pax en avaient peu entendu parler. Omar Tabba, qui a visité le site, était pour sa part « impressionné ». « C'est intéressant de pouvoir lire le témoignage d'un témoin oculaire de la guerre », a-t-il ajouté.