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La communauté arabe de
Montréal, la guerre et Internet :
L'insuffisance des médias nord-américains
Le premier constat à faire quand on rencontre les
membres de la communauté arabe de Montréal,
c'est que la couverture des événements par les
grands médias d'ici, qu'ils soient en français
ou en anglais, ne les satisfait pas.
Ainsi, Bechir Oueslati pense que « la couverture
en général est biaisée en Amérique
du Nord, que ce soit de façon directe ou indirecte,
par la propagande américaine ». Farid
Ghanem, originaire d'Algérie et représentant
du Muslim Council of Montreal au Collectif échec à
la guerre, n'hésite pas non plus à laisser paraître
son mécontentement : « Je dois dire
que je suis vraiment écuré de ce que je
vois à la télévision, surtout de la part
du Canada, qui se dit contre cette guerre et qui contribue
à la propagande, c'est triste. Par exemple, lorsqu'on
montre [à la télévision], dans les cartes,
les chars américains en vert et ceux de Saddam Hussein
en rouge, là c'est vraiment flagrant, la propagande. »
Il trie lui-même ses informations sur Internet et ne
fait plus confiance aux rédactions canadiennes :
« Pour tout vous dire, je n'écoute plus
les informations ici. Ma principale source d'information,
je la tire moi-même d'Internet. »
Site www.cnn.com |
Au banc des principaux accusés figurent les grands
médias américains, CNN en tête. Le jeune
Omar Tabba, né à Montréal de parents
syriens, n'hésite pas à qualifier CNN de rédaction
« horrible ». « J'insiste
sur le mot horrible, explique-t-il, car ils ont montré
qu'ils mentaient depuis le début de la crise. Ils suivent
la position américaine aveuglément, ils se contredisent
parfois eux-mêmes dans les informations parce que, jour
après jour, ils suivent la ligne officielle américaine.
Ils agissent comme une agence de relations publiques pour
le gouvernement. »
Même son de cloche chez les autres personnes rencontrées.
Bechir Oueslati insiste lui-aussi sur le manque d'esprit critique
des réseaux américains, qui sont à son
avis « les porte-voix du Pentagone ».
La façon dont CNN traite le conflit le choque énormément :
« On nous montre cette guerre comme si c'était
une guerre sans victimes. Il n'y a que l'éloge de l'armée
et des armes américaines, il y a un parti pris énorme
au niveau des réseaux américains. »
Pour voir les deux côtés du conflit, très
peu d'entre eux vont donc consulter les sites web américains
ou canadiens. Cependant, Bechir Oueslati fait une distinction
entre les deux pays : « Du côté
du Canada, il y a une amélioration par rapport à
la première guerre du Golfe, il y a quand même
un sens critique. Le fait que le Canada ne participe pas à
la guerre a poussé les gens à réfléchir. »
Mais Bechir Oueslati note toutefois un certain glissement
sémantique qui le pousse à rapprocher les médias
canadiens de ceux des États-Unis dans leur vision du
conflit.
Pour Omar Chihane, originaire du Liban, les médias
canadiens demeurent « beaucoup plus neutres
que les médias américains, mais ils parlent
beaucoup des relations du Canada avec les États-Unis,
et pas assez de la guerre ».
À cause de ces lacunes, les Montréalais originaires
des pays arabes vont donc chercher leurs informations sur
d'autres sites.
Suite : « Faire
l'équilibre », avoir les deux versions

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