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L'Irak, un « État voyou »
(Dernière mise à jour : février 2003)


Un des seuls pays à avoir utilisé des armes de destruction massive dans un passé récent, l'Irak a vu ses capacités réduites de façon radicale au cours des années 1990. Certains de ses sites de production ainsi qu'une partie de son arsenal ont été détruits au cours de l'opération « Tempête du désert », menée par les Américains en 1991. L'essentiel de l'armement a été mis hors service par la suite, lors des opérations de démantèlement supervisées par les experts de l'Organisation des Nations unies (ONU). Or, depuis l'expulsion des inspecteurs de la Commission spéciale des Nations unies chargée du désarmement de l'Irak (UNSCOM), en décembre 1998, le régime irakien est soupçonné d'avoir relancé le développement d'armes chimiques et biologiques, et d'avoir reconstruit ses infrastructures. Selon certains analystes, l'Irak aurait par ailleurs retrouvé en partie sa capacité à maîtriser l'énergie atomique, au point de détenir l'arme nucléaire d'ici 2010.

La force de frappe de l'Irak peut difficilement être évaluée avec précision. Impossible de savoir quelle proportion de l'arsenal irakien a été détruite lors des inspections et dans quelle mesure l'Irak a pu procéder à son réarmement depuis. Mais les capacités de cet « État voyou », selon l'expression employée par Washington, demeureraient inférieures à celle d'États comme les États-Unis, la Russie, la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne et Israël. En l'absence de vérification, les chiffres avancés aujourd'hui découlent d'estimations et d'hypothèses. Ce qu'on sait avec certitude, toutefois, c'est que l'Irak peut compter sur des ingénieurs et des scientifiques qualifiés pour relancer ses programmes de destruction massive.

L'Irak a déjà dit qu'il considérait l'acquisition d'armes de destruction massive comme un droit à l'autodéfense. Le régime crie à l'injustice parce qu'Israël, qui disposerait de 200 têtes nucléaires d'après les estimations occidentales, n'est pour sa part soumis à aucun contrôle. D'autres États arabes estiment que la menace nucléaire que fait peser l'arsenal israélien sur la région les empêche de renoncer à d'autres types d'armes de destruction massive.

Par ailleurs, selon les États-Unis, l'Irak commandite le terrorisme international. Il procurerait un refuge à divers groupes palestiniens classés terroristes, comme Abu Nidal et le Front arabe de libération, et au numéro un de la défunte Organisation du 15 mai, Abu Ibrahim, accusé d'avoir organisé plusieurs attentats contre l'avionnerie américaine. Le régime met aussi des armes et des bases à la disposition du MEK, un groupe terroriste iranien opposé au régime actuel. L'Irak est également soupçonné d'avoir offert l'asile, en décembre 1998, à Oussama ben Laden et à son réseau, Al-Qaeda.

Cependant, certains analystes affirment que l'histoire récente ne démontre pas de soutien significatif de l'Irak aux groupes terroristes. En 2000, le département d'État américain reconnaissait que le régime irakien n'aurait tenté aucun acte terroriste antioccidental « depuis son complot d'assassinat raté contre l'ancien président George Bush père en 1993, au Koweït ». L'Irak se concentrerait davantage sur les mouvements d'opposition à l'intérieur et à l'extérieur de ses frontières. Au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, Washington affirmait que Mohammed Atta, le chef des pirates de l'air, avait rencontré en 2000 à Prague des agents des services de renseignements irakiens. Après enquête, les autorités tchèques ont catégoriquement exclu qu'une telle rencontre ait eu lieu.

Saddam Hussein : Président du pays depuis 1979 (réélu le 15 octobre 2002), Saddam Hussein règne en véritable dictateur. Entouré de membres de sa famille et de son clan, il a instauré un véritable régime de terreur en Irak. Désireux de s'imposer comme leader du monde arabe, il a entraîné son pays dans deux guerres désastreuses.


Guerre Iran-Irak : Guerre qui a opposé les deux pays entre 1980 et 1988. Déclenché par l'Irak, qui voulait rétablir la frontière d'avant 1975, le conflit a fait 700 000 morts de part et d'autre de la frontière. Craignant l'extension de l'intégrisme chiite iranien, plusieurs pays avaient alors accordé leur soutien à l'Irak.

Guerre du Golfe : Amorcée par l'invasion du Koweït par l'Irak, en août 1990, la crise du golfe Persique a été suivie en janvier 1991 d'une campagne militaire internationale orchestrée par les États-Unis. À la suite de sa défaite militaire, l'Irak est devenu isolé sur les plans diplomatique et économique.

Principale ressource : Le pétrole permet à l'Irak, grâce au programme « Pétrole contre nourriture », d'acheter, sans limites, des biens à usage exclusivement civil. La contrebande de pétrole avec les pays limitrophes rapporterait à l'Irak environ deux milliards de dollars par an.


Non-respect des droits de la personne : Le régime irakien est autoritaire et persécute les opposants : les cas de disparition, d'exécution et de torture sont nombreux. L'opposition politique vit à l'étranger. En 1991, deux rébellions ont été écrasées dans le sang, sans que la communauté internationale n'intervienne.


Désarmement : Après la guerre du Golfe, l'ONU comptait imposer à l'Irak l'élimination de ses armes de destruction massive. Les inspections, suspendues depuis 1998, ont repris à l'automne 2002. Soupçonné de développer l'arme nucléaire, l'Irak a déjà utilisé des armes chimiques contre sa minorité kurde et contre les Iraniens.




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