Washington réclame un moratoire sur la dette irakienne Mise à jour le vendredi 2 mai 2003, 0 h 35 .  | | Une vue de Bagdad. | À Washington, le sous-secrétaire américain au Trésor John Taylor a appelé jeudi à un moratoire de 18 mois sur la dette irakienne. «La première choses à faire est de nous assurer que nous n'allons pas commencer à exiger des paiements pour le service de cette dette pendant, disons, la prochaine année et demie», a déclaré M. Taylor lors d'une conférence au Centre d'études internationales et stratégiques (CSIS). M. Taylor, sous-secrétaire chargé des affaires internationales, a souligné que l'ampleur de la dette irakienne n'était pas encore connue de façon certaine mais elle a été estimée à environ 127 milliards de dollars, y compris les intérêts.
Le Club de Paris, qui réunit les représentants des pays créanciers de pays en développement, a commencé la semaine dernière à étudier cette dette et précisé qu'il poursuivrait cet examen dans les prochains mois, ne disposant encore que d'«informations parcellaires».
Une proposition informelle des États-Unis d'effacer la dette irakienne avait reçu le mois dernier un accueil mitigé lors de la réunion des pays membres du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM).
Dévaluation de la monnaie irakienne
Par ailleurs, M. Taylor a ajouté que les priorités économiques de l'Irak étaient de monter un budget sain et de mettre en place un système monétaire stable.
Il a souligné que le «dinar Saddam» s'était fortement dévalué parce que le régime de Saddam Hussein avait fait marcher la planche à billets pour financer le déficit public. Ainsi, un dinar Saddam valait autrefois trois dollars, tandis qu'il faut aujourd'hui 1600 dinars pour acheter un dollar. Une autre monnaie irakienne, le «dinar suisse», qui a surtout cours dans le nord du pays, s'est elle aussi dépréciée mais dans une moindre mesure, passant d'un dinar pour trois dollars à huit dinars pour un dollar. Actuellement, les États-Unis paient les fonctionnaires irakiens en dollars. Ces versements sont financés à même un compte de 1,7 milliard de dollars correspondant à des avoirs irakiens gelés aux États-Unis. M. Taylor a toutefois souligné que cela ne signifiait pas une dollarisation du pays, processus au cours duquel la monnaie locale est remplacée par des dollars.
«À terme, nous voudrions avoir un système monétaire en Irak qui satisfasse les Irakiens et qu'ils aient choisi eux-mêmes», a-t-il affirmé. Parmi les choix possibles, M. Taylor a cité la mise en circulation d'une nouvelle monnaie, comme cela a été le cas en Afghanistan, ou l'utilisation généralisée du «dinar suisse».
Des conseillers américains sont déjà en contact avec des responsables du ministère irakien des Finances pour assurer qu'ils mettrons sur pied un budget clair, sans recours au financement par la création de monnaie. M. Taylor a estimé que le produit intérieur brut (PIB) irakien avait chuté de 125 milliards de dollars en 1978 à un montant compris entre 25 et 60 milliards de dollars aujourd'hui.
| | * Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes |

|