Explosion d'un dépôt d'armes à Bagdad Mise à jour le dimanche 27 avril 2003, 11 h 07 . Au moins 12 civils irakiens auraient été tués et de nombreux autres grièvement blessés dans une série d'explosions, samedi, dans un dépôt de munitions de la grande banlieue sud de Bagdad. Les versions irakienne et américaine de l'événement diffèrent même si beaucoup de Bagdadis pointent un doigt accusateur en direction de l'armée américaine. L'ampleur du bilan reste néanmoins très incertaine, des témoignages non corroborés jusqu'ici faisant état d'une quarantaine de 40 morts. Plusieurs centaines d'habitants du quartier de Zaafaraniya où a eu lieu l'explosion et situé à une quinzaine de kilomètres au sud de Bagdad, ont manifesté en milieu de journée au centre de la capitale irakienne, aux cris de «Non, non à l'Amérique, oui, oui à l'islam».
Ils ont déployé des banderoles affirmant que les victimes civiles de l'explosion étaient dues aux négligences de l'armée américaine, qui a placé un dépôt de munition au milieu d'un quartier d'habitation. Un dignitaire religieux chiite, cheikh Khaled Chommari, a pris la parole pour mettre en garde les Américains contre toute répétition de ce genre de «crimes contre la vie d'innocents». Les soldats américains en faction à l'hôtel Palestine, qui abrite des forces américaines et la presse internationale, ont formé un cordon face aux manifestants, bloqués par des barbelés.
Aucun bilan définitif de l'explosion, survenue à 08H00 locales n'était disponible samedi en début d'après-midi. Des responsables militaires américains ont affirmé que l'explosion avait été causée par une fusée éclairante lancée depuis l'extérieur sur le dépôt. Peu après l'explosion, des habitants, furieux, ont lancé des pierres aux soldats américains venus emmener les victimes vers l'hôpital le plus proche. La version de Centcom des événements De son côté, donnant la version officielle américaine, le Commandement central des opérations installé à Doha (Centcom) a imputé à des Irakiens la responsabilité des explosions en chaîne. Dans un communiqué, le Centcom affirme que les militaires américains chargés de monter la garde du dépôt de munitions ont été attaqués «par un nombre indéterminé d'individus».
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