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Paris répond à Washington

Mise à jour le mercredi 23 avril 2003, 17 h 57 .

Dominique de Villepin (archives)
En réponse aux attaques de Colin Powell, qui a déclaré que la France subirait les conséquences de son opposition dans le dossier irakien, le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, a indiqué mercredi que la France continuerait à agir conformément «à ses convictions et à ses principes pour défendre la légalité internationale».

Un peu plus tôt, le porte-parole du gouvernement français avait minimisé les propos du secrétaire d'État américain en indiquant que «cela ne correspond absolument en rien à la réalité de nos relations actuelles avec les États-Unis, comme en a témoigné récemment la conversation téléphonique entre le président Chirac et le président Bush».

Jean-François Copé faisait allusion à l'entretien téléphonique que les deux présidents ont eu le 15 avril dernier. Cette conversation, la première depuis le 7 février, avait alors été qualifiée de «professionnelle» par la Maison-Blanche, l'Élysée parlant d'entretien «positif».

Le secrétaire d'État américain, à l'antenne de PBS mardi
Colin Powell avait indiqué, mardi, au cours d'une émission de télévision, que les États-Unis réexamineraient leurs relations avec Paris. Prié de dire si la France aurait à subir des conséquences pour s'être opposée à l'intervention militaire américaine en Irak, Powell avait répondu par l'affirmative, sans donner de précisions.

Il s'était contenté d'indiquer que l'opposition opiniâtre de la France face aux États-Unis devant le Conseil de sécurité de l'ONU au cours des semaines qui avaient précédé le conflit ne pouvait rester sans suite. «C'est terminé (...) et nous devons étudier tous les aspects de notre relation avec la France à la lumière (de ce qui s'est passé)», avait-il déclaré.

Le chef de la diplomatie française devant le Conseil de sécurité (archives)
Colin Powell a estimé que c'est en raison de la menace de veto émise par la France au Conseil de sécurité que nombre de pays avaient renoncé à se rallier mi-mars à un projet américain de résolution qui aurait donné un feu vert explicite à une opération armée.

M. Powell a également ajouté qu'il avait dû batailler ferme contre son homologue français Dominique de Villepin, qui avait notamment effectué une tournée auprès des trois pays africains membres du Conseil, soit la Guinée, le Cameroun et l'Angola, pour les inciter à ne pas suivre Washington.

Parmi les mesures évoquées, Washington se pencherait sur la possibilité de minimiser l'influence française au sein de l'OTAN en faisant prendre davantage de décisions par les structures militaires de l'Alliance dont l'Hexagone ne fait pas partie. De hauts responsables du Pentagone, notamment le numéro deux du ministère de la Défense, Paul Wolfowitz, réclament en effet que la France soit marginalisée le plus possible au sein de l'OTAN.

Washington réfléchirait également à la possibilité de ne pas inviter la France à des rencontres organisées par les États-Unis avec les pays européens. Les États-Unis pourraient aussi évincer la France des marchés de la reconstruction de l'Irak.

Paris avait pourtant fait un pas vers Washington

Mardi, la France avait proposé une suspension immédiate des sanctions de l'ONU contre l'Irak, faisant ainsi un geste en direction de Washington qui demande la levée de l'embargo. Contrairement à la Russie, la France n'avait pas insisté pour que les experts en désarmements de l'ONU certifient que l'Irak n'était plus en possession d'armes de destruction massive avant de prendre une décision sur les sanctions.

L'embargo a été mis en place en août 1990, après l'invasion du Koweït par l'Irak. L'ambassadeur de France à l'ONU, Jean-Marc de la Sablière, a toutefois recommandé que le programme «Pétrole contre nourriture» soit maintenu pour le moment sous le contrôle de l'ONU.Extrait vidéo

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