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Une nouvelle confrontation en vue au Conseil de sécurité

Mise à jour le mercredi 23 avril 2003, 0 h 20 .

Ari Fleischer
Les États-Unis ont exclu, mardi, l'éventualité de laisser les inspecteurs en désarmement de l'ONU retourner en Irak. Le porte-parole de la Maison-Blanche, Ari Fleischer, a affirmé que la responsabilité du démantèlement des armes irakiennes de destruction massive appartient aux États-Unis et à leurs alliés, notamment à la Grande-Bretagne.

Hans Blix
De son côté, le chef des inspecteurs, Hans Blix, a plaidé en faveur d'un retour rapide de ses équipes, lors d'une réunion à huis clos du Conseil mardi matin, à New York. M. Blix a d'ailleurs affirmé que tous les membres du Conseil reconnaissaient que les garanties de sécurité nécessaires au retour des inspecteurs n'étaient pas assurées. «Je pense que tout le monde au Conseil réalise que c'est trop tôt (...) et que la sécurité des inspecteurs doit être garantie», a-t-il dit.

Le chef des inspecteurs en désarmement de l'ONU, avait auparavant dénoncé la falsification de documents pour justifier la guerre en Irak, dans une interview diffusée par la radio de la BBC. «Il était troublant de voir qu'une partie aussi importante des documents sur lesquels se sont basées les capitales (Washington et Londres) pour bâtir leur dossier (contre l'Irak) était aussi peu solide», a-il dit.

Le chef de la COCOVINU a affirmé que les autorités américaines ont tenté de discréditer les inspecteurs en désarmement des Nations unies afin d'obtenir le soutien du Conseil de sécurité pour une intervention militaire en Irak. L'intégralité de l'interview de Hans Blix doit être diffusée samedi à la BBC.

Mohamed Elbaradei
Quant au responsable du volet nucléaire du désarmement de l'Irak, Mohamed ElBaradei, il a réaffirmé dans son rapport semestriel que seule l'Agence internationale d'énergie atomique (AIEA) pouvait légalement vérifier le désarmement nucléaire irakien.

Juste avant le début de ces travaux, consacrés notamment au rôle que pourraient maintenant jouer les inspecteurs en Irak, l'ambassadeur russe à l'ONU, Sergueï Lavrov, a déclaré que la présence d'un organe international objectif était nécessaire pour attester de la situation en Irak. La Russie a demandé que les équipes des Nations unies terminent leurs recherches et certifient que les armes nucléaires, chimiques et biologiques de l'Irak ont bien été éliminées, ainsi que les missiles à longue portée, comme l'exigeait la résolution 1441 de l'ONU.

Différend au sujet des sanctions contre l'Irak

Les États-Unis se sont également déclarés défavorables à la proposition de la France de suspendre les sanctions qui frappent l'Irak, affirmant qu'elles devaient être purement et simplement levées. «Il est temps de lever les sanctions car la situation a changé dans ce pays avec la chute du régime de Saddam Hussein», a déclaré le porte-parole du département d'État, Richard Boucher.

Jean-Marc de La Sablière, ambassadeur de la France à l'ONU, qui s'adressait à la presse à l'issue des consultations à huis clos du Conseil de sécurité, a indiqué pour sa part que la levée des sanctions était un objectif lié à la certification du désarmement de l'Irak, mais que dans l'intervalle, elles pouvaient être suspendues. «J'ai aussi proposé, a-t-il déclaré en anglais, que l'on travaille à des arrangements pragmatiques permettant, si nécessaire, de coordonner le travail sur le terrain des équipes américaines et celles de la COCOVINU et de l'AIEA».



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