Jay Garner chez les Kurdes Mise à jour le mardi 22 avril 2003, 14 h 46 . Le général américain à la retraite, Jay Garner, a rencontré les deux principaux chefs kurdes dans la localité de Dukan près de Souleimaniyah, dans le nord du pays. Il s'est entretenu, au cours d'un déjeuner, avec Jalal Talabani, chef de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK), et Massoud Barzani, leader du Parti démocratique du Kurdistan (PDK). L'UPK et le PDK contrôlent le Kurdistan irakien depuis la fin de la guerre du Golfe, en 1991.
À Souleimaniyah, il s'est adressé aux étudiants de l'université de la ville. «Ce que vous avez fait ici au cours des 12 dernières années est un début d'autonomie extraordinaire. Ce que vous avez réalisé peut servir de modèle pour le reste de l'Irak, (...) l'Irak est l'un des pays les plus riches du Proche-Orient, mais jusqu'à présent, cette richesse n'a pas été partagée», a-t-il déclaré. Jay Garner est arrivé lundi à Bagdad, en provenance du Koweït, pour prendre ses fonctions d'administrateur civil provisoire en Irak. Le pays est occupé par les forces américano-britanniques depuis la chute de Bagdad, le 9 avril.
Son titre officiel est celui de directeur de l'Office pour la reconstruction et l'aide humanitaire de l'Irak (OHRA), une agence relevant du Pentagone. Il a déclaré que sa priorité était de rétablir les services de base comme l'eau courante et l'électricité. Il a d'ailleurs visité lundi une centrale électrique, une usine de retraitement des eaux et plusieurs hôpitaux. Jay Garner sera entouré d'une équipe de 450 personnes composée d'experts, de diplomates, de juristes, de militaires ainsi que de fonctionnaires irakiens exilés. Outre la reconstruction du pays, l'administrateur américain doit préparer la mise en place d'un gouvernement.
Portrait d'un vétéran de la guerre du Vietnam
Âgé de 64 ans, Garner a rejoint les rangs de l'armée en 1960 et servi deux fois au Vietnam avant de se spécialiser dans les systèmes de défense aériens. Au cours de la guerre du Golfe en 1991, il a dirigé les batteries de missiles antimissiles «Patriot» utilisées pour défendre Israël contre les attaques de Scuds irakiens. Il a ensuite été chargé de mener une mission militaire visant à instaurer une zone de sécurité pour les réfugiés kurdes dans le nord de l'Irak après la répression par Bagdad d'un soulèvement kurde consécutif à la guerre. Quand cette mission baptisée «Operation Provide Comfort» a pris fin en juillet 1991, plusieurs milliers de Kurdes ont tenté d'empêcher les troupes américaines de partir, puis porté Garner en triomphe en guise de remerciements.
Par la suite, Garner a été l'un des généraux américains à participer au programme de défense dit de la «guerre des étoiles» avant de quitter le service actif en 1996. Depuis, il est président de SY Coleman, une entreprise d'armement basée en Virginie et spécialisée dans la technologie de défense antimissile. Il a pris un congé sans solde. Dans le passé, il a pris position en faveur d'Israël, s'attirant les foudres des milieux arabes. Garner avait fait partie de la quarantaine d'officiers américains à la retraite ayant signé en octobre 2000 une déclaration imputant à l'Autorité palestinienne les violences qui ont suivi l'effondrement du processus de paix et saluant la «retenue remarquable» dont a fait preuve l'armée israélienne.

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