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Après Kirkouk, Mossoul

Mise à jour le vendredi 11 avril 2003, 23 h 10 .

Les Kurdes criant victoires
Troupes et combattants kurdes achevaient vendredi soir de prendre le contrôle de la ville pétrolière de Mossoul. Un cessez-le-feu formel, pour une capitulation sans combat, est intervenu entre les commandants irakiens de l'armée régulière de Mossoul et les États-Unis, a déclaré le général Vincent Brooks, porte-parole du Commandement central américain basé au Qatar. Les forces spéciales américaines demeurent la cible de francs-tireurs, alors que les responsables américains admettent qu'il reste quelques poches de résistance.

Des habitants de Mossoul ont aussitôt commencé à piller de nombreux bâtiments de la ville arabe, jusque-là loyale à Saddam Hussein. La foule a également déchiré et brûlé des portraits du président irakien déchu.Extrait vidéo

Situation chaotique à Kirkouk

Un des nombreux portraits du Raïs brûlé
À Kirkouk, principale ville pétrolière de la région tombée jeudi, les peshmerga kurdes ont commencé à se retirer de la ville, a annoncé le ministre turc des Affaires étrangères, Abdullah Gul.

L'arrivée de ces combattants kurdes avait suscité l'inquiétude de la Turquie. Les États-Unis, soucieux d'éviter une intervention militaire turque dans le nord de l'Irak, avaient annoncé l'envoi immédiat de Marines pour remplacer les forces kurdes.

«La ville de Kirkouk sera aux mains des Américains et des forces de la coalition. Elle fera partie de l'Irak, du nouvel Irak, du nouvel Irak démocratique et fédéral», a confirmé le chef de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK), l'une des deux principales formations kurdes.

Les pilleurs emportant tout sur leur passage
Après la prise de la ville, les pillages se sont poursuivis dans la nuit, comme en témoignent les camions chargés de tout ce qui a valeur marchande. Dans l'une des plus importantes régions pétrolières d'Irak, on ne trouve pour ainsi dire plus une goutte d'essence. Des témoins ont vu des conducteurs éventrer une des rares citernes qui n'avaient pas encore été vidées et se battre pour quelques litres.

«Nous ne contrôlons pas la situation», a reconnu, épuisé, le gouverneur provisoire kurde Rizgar Ali, quasiment la seule autorité politique en place. Il a indiqué qu'il attendait l'arrivée des forces américaines pour sécuriser la ville. Le gouverneur a aussi fait état de règlements de compte intercommunautaires.

Saddam Hussein a pratiqué à outrance l'arabisation de Kirkouk, ville historiquement kurde mais aujourd'hui aussi fortement arabe et turkmène, et des milliers de Kurdes ont afflué pour récupérer les biens dont ils avaient été spoliés.

Dans l'un des principaux établissements hospitaliers, l'ancien hôpital Saddam Hussein, on disait avoir enregistré depuis la prise de la ville, jeudi midi, trois décès accidentels, tous dus à des salves de joie. Cinquante-sept personnes ont été blessées, mais aucune dans des règlements de compte. L'hôpital a dénombré quatre soldats irakiens et deux combattants kurdes tués dans la dernière bataille pour Kirkouk.

Par ailleurs, les bombardements se poursuivent sur Tikrit, fief de Saddam Hussein, situé à 150 km au nord de la capitale.

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