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Réactions à la prise de Bagdad

Mise à jour le jeudi 10 avril 2003, 4 h 23 .

Jacques Chirac (archives)
Les dirigeants de pays du monde entier ont salué la chute du régime irakien à Bagdad, tout en relevant que la guerre n'est pas encore finie et en appelant à l'unité pour la reconstruction de l'Irak.

Le président français, qui s'est vivement opposé à toute intervention militaire sans l'aval préalable des Nations unies, a attendu le lendemain de la prise de Bagdad pour réagir. «La France, comme toutes les démocraties, se réjouit de la chute de la dictature de Saddam Hussein et souhaite la fin rapide et effective des combats», a souligné jeudi matin le palais de l'Elysée dans un communiqué. Pour le président Chirac, «il est nécessaire maintenant de créer les conditions qui rendront au peuple irakien sa dignité dans la liberté retrouvée».



La veille, Jean Chrétien s'était félicité que «les malheurs des Irakiens soient terminés» avec la chute du régime de Bagdad, tout en relevant que la guerre n'était pas tout à fait finie. À la Chambre des communes, le premier ministre a réaffirmé que le Canada entendait jouer un rôle important dans la reconstruction de l'Irak.

Plus tard, lors d'une conférence de presse, Jean Chrétien a précisé que le Canada pourrait par exemple être utile dans la formation d'un gouvernement fédéral ou encore dans la mise en place d'un système de justice, inspiré du Common Law.

Tony Blair
Le premier partenaire des États-Unis dans ce conflit, le premier ministre britannique Tony Blair, s'est dit enchanté par les réactions de joie exprimées par les Bagdadis, soulignant toutefois que le renversement du régime n'était pas encore achevé.

Pour le premier ministre suédois Goeran Persson, ce qui se passe à Bagdad, «est merveilleux». Il a néanmoins souligné lui aussi que la guerre n'était pas finie. Le premier ministre portugais José Manuel Durao Barroso a lui salué ce qu'il appelle une «nouvelle page dans l'histoire de l'Irak». En Pologne, le président Aleksander Kwasniewski, pour qui «c'est le jour de la libération de l'Irak et des Irakiens», a comparé la chute du régime irakien à celle du Mur de Berlin en 1989 et au renversement du dictateur roumain Nicolae Ceausescu, en se félicitant d'avoir soutenu la coalition américano-britannique.

Plusieurs dirigeants ont plutôt préféré mettre l'accent sur l'importance d'un rôle clé pour les Nations unies et l'Union européenne dans la reconstruction de l'Irak.

Pour le ministre chargé des Affaires étrangères du Koweït, Cheikh Mohammad Sabah Al-Salem, l'ONU est l'organisation la plus appropriée pour prendre en charge l'administration de l'Irak. L'Égypte, l'Arabie saoudite et la Jordanie ont réclamé que les Irakiens choisissent eux-mêmes leur gouvernement, s'opposant à la volonté de Washington d'installer une administration provisoire.

Gerhard Schröder
En Allemagne, Gerhard Schröder a salué les «signes réjouissants» d'une possible fin de la guerre en Irak, ajoutant que l'objectif était maintenant de transformer la victoire militaire en gain politique. Il a redit que les Nations unies devaient jouer un rôle central dans le processus de paix et de stabilisation. Le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, a lui appelé les membres de l'Union européenne à surmonter leurs divergences sur la guerre pour faire bloc sur la nécessité d'un rôle clé de l'Union européenne dans l'Irak d'après-Saddam.

Pour le secrétaire d'État aux Affaires étrangères de France, Renaud Muselier, gagner la guerre est une chose, mais maintenant il faut gagner la paix.

Finalement, en Turquie, le président Ahmet Necdet Sezer a revendiqué pour les Nations unies un rôle de premier plan dans la restructuration de l'Irak et dans le maintien de la stabilité dans la région.

Dans la rue

À Téhéran, quelque 2000 réfugiés irakiens sont descendus dans les rues du quartier de Dolatabad pour manifester leur joie, mais aussi pour demander l'instauration d'un régime islamique. Les manifestants ont barré la route et ont dansé des danses arabes sur la chaussée, scandant: «Ni Saddam, ni l'Amérique, seulement l'islam».

En plus de distribuer des gâteaux et des sucreries pour fêter la fin du régime de Saddam Hussein, ils brandissaient des photos de l'ayatollah Mohammad Baqer Hakim, le chef de l'Assemblée suprême de la révolution islamique en Irak, principal groupe de l'opposition chiite irakienne, basé en Iran et soutenu par la République islamique.

Selon les chiffres officiels, plus de 200 000 réfugiés irakiens vivent en Iran. La plupart ont quitté l'Irak au début des années 1980, lors du début du conflit entre les deux pays.

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