Le régime de Saddam Hussein s'écroule Mise à jour le jeudi 10 avril 2003, 10 h 11 . Après trois semaines de guerre, le régime irakien s'est effondré. Les soldats américains ont pénétré dans Bagdad, mercredi, à bord de chars et de blindés, sous les applaudissements d'Irakiens massés le long des rues de la ville. Les Marines ont fait prisonniers huit hommes soupçonnés d'être des militants islamiques étrangers. Parmi eux se trouvaient un Français, un Algérien, des Égyptiens et des Jordaniens qui ont dit aux interprètes être venus en Irak pour «tuer des Américains». Les Marines ont en outre pris le contrôle des quartiers généraux des Fedayins au centre de Bagdad, tandis que les quartiers généraux du nord étaient en ruine.
Le point culminant de la journée a été le renversement d'une statue de Saddam Hussein, dévoilée il y a moins d'un an pour souligner le 65e anniversaire de naissance du dictateur. L'immense statue a été arrachée de son socle par un blindé américain, avant d'être démembrée et rouée de coups par une foule euphorique.
 | | La statue de Saddam Hussein au centre de Bagdad symbolisait la puissance de son régime. |
 | | Les Bagdadis n'ont pas hésité à lui passer la corde au cou après l'arrivée des Américains.
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 | | Avec l'aide des Américains, ils ont fait tomber la statue. |
«À regarder les images des Irakiens montant sur les chars américains, mettant à bas les statues de Saddam Hussein, on ne peut s'empêcher de penser à la chute du mur de Berlin et à l'écroulement du rideau de fer», a commenté Donald Rumsfeld à Washington. Mais la prudence reste de mise, tant la paix semble plus difficile à gagner que la guerre. Même si le président George W. Bush s'est dit «heureux» et le premier ministre britannique «ravi» des scènes de liesse à Bagdad, «il y a encore beaucoup de travail à faire et beaucoup de missions à finir avant de pouvoir proclamer la victoire», a ainsi déclaré M. Rumsfeld, prédisant des «jours difficiles et très dangereux».
La capitale irakienne est toujours le théâtre d'affrontements isolés entre les combattants demeurés fidèles à Saddam Hussein et les forces américaines. De nombreux immeubles gouvernementaux ont aussi été pris d'assaut par des pillards, qui ont emporté tout ce qui leur tombait sous la main. L'un des sièges du parti Baas, au pouvoir depuis 35 ans, a été mis à sac, et un immense incendie a consumé l'immeuble du Comité olympique irakien dirigé par l'un des fils de Saddam Hussein, Oudaï.

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