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Scènes de liesse et de pillage à Bagdad

Mise à jour le mercredi 9 avril 2003, 5 h 06 .

La ville de Bagdad serait-elle sur le point de tomber aux mains des forces américaines ? Des journalistes de Reuters et de la BBC rapportent que plusieurs centaines d'Irakiens en liesse ont salué l'entrée des troupes américaines dans les quartiers est et nord-est de Bagdad. Plus précisément, le journaliste de Reuters raconte que des Irakiens chantaient et dansaient au passage d'une unité de Marines qui se dirigeait des faubourgs de l'est de Bagdad vers le Monument aux martyrs, situé à trois kilomètres du pont de Djoumhouriya, sur la rive ouest du Tigre. Cependant, un porte-parole militaire américain affirme qu'il est «prématuré» de parler de la fin de la bataille de Bagdad.

Un peu plus tôt dans la journée de mercredi, on rapportait en effet des combats sur le pont Al-Joumhouriya, qui se trouve près du complexe présidentiel, où deux chars américains Abrams avaient pris position la veille. Des échanges de tirs au canon de char, à l'artillerie et à l'arme automatique opposaient les forces américaines, à l'entrée ouest du pont, et des combattants irakiens retranchés à son autre extrémité.

Dans la nuit de mardi à mercredi, des troupes américaines sont entrées à Saddam City, un faubourg chiite du nord-est de Bagdad. Selon des informations non confirmées, les habitants de Saddam City auraient chassé les fedayins de Saddam Hussein avant l'arrivée des soldats américains. Un porte-parole militaire américain a annoncé que six Marines américains avaient été blessés, dont l'un grièvement.

Le lieutenant-colonel Pete Owen a ajouté que des renforts avaient été envoyés dans la nuit sur le front, où un bataillon des Marines était engagé contre des combattants irakiens dans de vifs échanges à l'arme automatique et aux roquettes RPG. Trois Marines ont été blessés dans les combats mardi soir. Les combats ont éclaté après une progression des Marines dans Bagdad, par la rivière Diyala, à l'est de la capitale.

L'AFP rapporte que les troupes américaines ont pénétré mercredi matin dans Bagdad par le nord-ouest. Elles seraient arrivées dans le quartier de l'hôpital al-Kindi, à moins de 6 km du coeur de la capitale. Selon des témoins, cette progression se faisait sans résistance, même si les troupes américaines répondaient à des tirs en provenance des fenêtres de l'hôpital al-Kindi.

Dans les faubourgs sud, de violents combats ont éclaté dans la matinée. De plus, des avions de combat américains, qui apportent un appui décisif aux troupes au sol dans leur progression sur Bagdad, survolaient par intermittence la capitale, confirmant leurs maîtrise du ciel irakien. L'intervention de la DCA irakienne se fait de plus en plus rare.

Actes de pillages à grande échelle

Selon un correspondant de Reuters, aucune force de sécurité irakienne n'était visible, mercredi, dans les principales rues de la capitale irakienne. Selon des témoins, des actes de pillages à grande échelle ont été signalés. Des habitants entraient dans des magasins de Saddam City pour s'emparer d'équipements, de vivres, d'équipements électriques et de tapis. Reuters rapporte également des pillages au quartier-général de l'ONU, situé à l'hôtel Canal, à l'est du centre-ville. Certains pillards seraient repartis dans des voitures des Nations unies. Des pillages ont également été signalés dans le quartier où se trouve le siège du Comité olympique irakien dirigé par Oudaï Hussein, le fils du président Saddam Hussein.

Les Américains sont entrés dans le palais présidentiel.
Ces événements surviennent après une nuit relativement calme. Mardi soir, Bagdad avait des allures de ville morte. Tout accès à la zone située au-delà du complexe présidentiel, qui s'étend sur la rive ouest du Tigre et qui comprend notamment les ministères de l'Information et des Affaires étrangères, était interdit.

Mardi, le complexe présidentiel de Saddam Hussein est tombé aux mains des troupes américaines après une longue journée de combats. Des bombardements intensifs avaient aussi frappé les faubourgs sud et sud-est de la capitale.

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