Après la bataille, les pillages Mise à jour le mardi 8 avril 2003, 12 h 04 . Dans les villes du sud de l'Irak, désormais sous le contrôle des forces de la coalition, les combats ont cédé la place aux pillages. Les Irakiens ne semblent pas craindre la présence des soldats américano-britanniques qui patrouillent pour rétablir l'ordre et contrer les pillages. Certains soldats américains ont même profité de la situation pour récolter quelques souvenirs de guerre.
Dans la ville d'Az Zoubayr, des pilleurs irakiens ont tranquillement vidé les bureaux de l'administration, emportant des postes de radio, des lits, un climatiseur et même une jeep militaire.
À Bassorah, passée lundi aux mains des Britanniques, des Irakiens ont profité de l'absence momentanée de toute forme d'autorité pour s'emparer des tables, chaises et tapis de la Banque centrale. D'autres ont plutôt opté pour les canapés de l'Hôtel Sheraton qu'ils chargeaient sur des voitures à cheval. Même le piano a queue a trouvé preneurs. Si les pillages ont diminué en intensité mardi, on pouvait encore apercevoir des jeunes gens qui s'enfuyaient avec des brouettes débordant des fruits de leurs rapines.
Des soldats américains ont aussi pris leur part de butin de guerre. Ceux qui se sont emparés du palais présidentiel lundi en ont profité pour y voler des cendriers, des coussins, de la verrerie arabe dorée et d'autres souvenirs. Pourtant, les règles militaires punissent le pillage. Un capitaine des Marines a indiqué que les soldats soupçonnés seraient d'abord réprimandés et forcés de remettre leur butin. Ils encourent aussi des retenues sur leur solde et même des peines de prison.
Au Kurdistan, dans le nord du pays, les forces armées n'ont pas empêché les pillards de vider les bunkers abandonnés par les troupes irakiennes. Attirés par l'appât d'un gain facile dans une région où l'on vit difficilement, les pillards ne semblent pas craindre les risques d'explosions de mines ou de munitions abandonnées. Les responsables militaires de la coalition voient dans ces gestes désespérés le désir de «reprendre ce qui leur est dû».

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