Une crise humanitaire menace l'Irak Mise à jour le lundi 7 avril 2003, 20 h 49 . À l'occasion de la Journée mondiale de la santé, une porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé s'est attardée tout particulièrement au sort des enfants irakiens. Elle a dénoncé la menace que la guerre faisait peser sur leur droit fondamental à la vie. Rappelant que les quelque 12 millions d'enfants composent la moitié de la population irakienne, la porte-parole a souligné que l'impact de la guerre s'ajoute aux ravages déjà palpables de la pauvreté et des sanctions internationales mises en place à l'issue de la guerre du Golfe en 1991.
L'embargo avait fait plusieurs centaines de milliers de morts, dont la moitié était des enfants. Une autre porte-parole de l'OMS a annoncé qu'il y a un risque d'épidémie de choléra et de maladies respiratoires en Irak. Le risque est d'autant plus grand que l'accès à l'eau potable et aux produits alimentaires est très limité. Les hôpitaux de Bagdad sont «complètement débordés» et risquent de manquer de médicaments, d'anesthésiants et de matériel médical.
De son côté, le chef de l'équipe d'aide humanitaire du gouvernement américain, Michael Marxa, réfuté ces observations, estimant que les conséquences de la guerre sur les civils sont moins graves que prévues, notamment en raison d'un nombre limité de réfugiés. «Ce n'est pas une crise humanitaire majeure, a-t-il dit, et nous sommes contents de cela.»
Selon la Coordination humanitaire des Nations unies pour l'Irak, le personnel médical de la capitale travaille dans des conditions «extrêmes», les chirurgiens opérant sans répit depuis deux jours. Depuis les attaques intenses de dimanche, l'Hôpital Al Yarmouk a reçu 100 personnes par heure et l'hôpital Mahmoudiya n'a pu faire face à l'afflux des blessés. À l'hôpital Kindi, la direction a fait état d'au moins trois morts et plus de 100 blessés.
La porte-parole de l'OMS a indiqué que la situation pourrait dégénérer en crise humanitaire. L'Organisation, qui dispose de stocks en Jordanie, Syrie, Turquie ainsi qu'au Koweït a demandé qu'un corridor humanitaire soit mis en place pour qu'elle puisse accéder aux populations touchées.
Quelques bonnes nouvelles...
L'UNICEF a annoncé qu'un convoi de 11 camions parti du Koweït était dans le sud de l'Irak avec de l'eau potable et des équipements médicaux pour les villes de Bassorah, Safwan et Zubair.
Dans le même temps, le Programme alimentaire mondial (PAM) a commencé la distribution de plus de 200 tonnes de farine de blé aux habitants de Dohuk, dans le nord de l'Irak. Plus de 1000 tonnes devaient encore traverser la frontière turque lundi pour Erbil, une autre ville du nord de l'Irak.
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