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Raid de blindés au coeur de Bagdad

Mise à jour le lundi 7 avril 2003, 12 h 21 .

Les forces américaines ont mené dans la journée de lundi une incursion hautement symbolique au coeur même du pouvoir de Saddam Hussein à Bagdad.

Des chars américains ont bombardé et pénétré dans le complexe du palais présidentiel, une nouvelle démonstration de force face au régime irakien qui persiste à démentir les avancées américaines.

Le journaliste Roger Auque, qui est à Bagdad et qui a été témoin de la percée américaine, a déclaré à Radio-Canada que l'assaut contre le palais n'avait duré qu'un peu plus d'une heure. Deux chars ont tiré sur des soldats irakiens, surpris. Plusieurs ont été abattus, puis les chars ont pénétré dans le complexe présidentiel. Selon lui, les Américains ont ainsi voulu tester la défense irakienne et faire une démonstration de force.

De son côté, le lieutenant-colonel Peter Bayer, responsable des opérations de la 3e division d'infanterie a déclaré que les forces américaines avaient «sécurisé le principal palais présidentiel».

Violents combats dans Bagdad

Même si la nuit est tombée, de violents combats font toujours rage dans Bagdad après l'incursion de blindés jusqu'au centre de la capitale. L'artillerie américaine poursuit ses bombardements en divers points de la ville. Des affrontements sont rapportés aux alentours d'un des plus fameux hôtels de la ville, l'hôtel Al Rashid, un des préférés des dignitaires étrangers qui visitaient Bagdad. L'hôtel a été rendu célèbre par la photo de George Bush, placée à l'entrée, sur laquelle les visiteurs devaient s'essuyer les pieds avant d'entrer.

Le général Vincent Brooks du Commandement central américain affirme que le régime irakien a déjà perdu le contrôle d'une partie de Bagdad. Il a précisé que les forces américaines ont détruit une colonne de chars irakiens lors de l'assaut contre Bagdad. Cette attaque aurait empêché, toujours selon l'armée américaine, l'arrivée de renforts irakiens. Le général Brooks a conclu que l'Irak représentait toujours une menace militaire malgré les attaques menées depuis le début de la guerre déclenchée il y a 19 jours.

Des miliciens, embusqués derrière des sacs de sable, gardent les entrées des deux ministères
Par ailleurs, des forces irakiennes contrôlent les quartiers où sont situés des ministères, notamment celui de l'Information et des Affaires étrangères, ont constaté des journalistes de l'AFP sur place, précisant que des avions de la coalition américano-britannique survolent la capitale de manière.

Des batteries de la défense anti-aérienne irakienne ont ouvert le feu sans aucune visibilité en raison d'un épais nuage de fumée et de poussière de sable qui recouvre la ville.

Bagdad encerclée

Par ailleurs, des Marines sont entrés lundi dans Bagdad par le sud-est, en dépit des efforts pour les ralentir des forces irakiennes qui ont fait sauter deux ponts sur la rivière Diyala, à l'est de Bagdad, a indiqué le général John Kelly, commandant adjoint de la 1e division des Marines, sans préciser le nombre de militaires entrés dans la capitale ni les endroits précis où ils avaient pris position.

L'armée américaine a annoncé lundi avoir installé des ponts de contrôle sur les principaux axes de Bagdad afin d'empêcher l'armée irakienne de progresser tout en laissant les civils se déplacer librement. Les Américains auront donc isolé Bagdad, contrôlant tous les axes permettant d'entrer ou de sortir de la ville.

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