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Le Congrès approuve la rallonge budgétaire pour la guerre en Irak

Mise à jour le vendredi 4 avril 2003, 23 h 46 .

Le Capitole
La Chambre des représentants et le Sénat des États-Unis ont approuvé le déblocage de presque 80 milliards de dollars américains pour financer la guerre contre l'Irak et la reconstruction du pays.

Les sénateurs ont adopté à l'unanimité le texte de loi, sans le modifier. En revanche, les représentants y ont ajouté un amendement qui interdit que les montants consacrés à la reconstruction puissent être versés aux entreprises françaises, allemandes, russes et syriennes.

Certains représentants se sont également opposés, en vain, au versement d'un milliard de dollars américains à la Turquie. Ils estimaient qu'Ankara ne méritait pas cette aide en raison de son refus d'autoriser le déploiement des troupes américaines.

Le secrétaire d'État Colin Powell, qui revient d'une tournée européenne, a dénoncé cet amendement qui, selon lui, créerait la division et serait contre-productif à un moment où Washington tente de resserrer ses liens avec les pays opposés à la guerre. Pour que l'amendement de la Chambre des représentants soit définitivement adopté, il faut que le Sénat l'approuve à son tour.

Condoleezza Rice détaille le plan américain

Condoleeza Rice
La conseillère du président Bush pour la sécurité nationale, Condoleezza Rice, a affirmé vendredi que le rôle des Nations unies dans l'après-guerre en Irak n'était pas, pour le moment, l'objet des discussions avec les pays alliés. Mme Rice a précisé que la coalition américano-britannique jouerait «le rôle principal» dans les premières étapes de la reconstruction de l'Irak. «Compte tenu de ce que nous avons enduré et de ce que nous endurons, ce n'est pas une surprise que la coalition ait le rôle principal», a-t-elle affirmé lors d'une conférence de presse.

Mme Rice a souligné que les Nations unies auront un rôle dans la reconstruction de l'Irak, avant d'ajouter: «Je veux avertir que l'Irak n'est pas le Timor Oriental, le Kosovo ou l'Afghanistan, l'Irak est unique». Selon elle, les expériences tirées de ces trois exemples seront néanmoins mises à profit en Irak.

Condoleezza Rice a détaillé le plan de Washington pour l'administration de l'Irak après la chute de Saddam Hussein. «Nous allons démanteler l'infrastructure tyrannique du régime de Saddam Hussein. Nous travaillerons avec les Irakiens, nos partenaires de la coalition et la communauté internationale pour reconstruire l'Irak. Mais nous laisserons complètement l'Irak sous le contrôle des Irakiens aussi vite que possible», a-t-elle assuré.

Elle a indiqué que l'administration civile provisoire serait une «administration transitoire dirigée par les Irakiens jusqu'à ce qu'un gouvernement permanent soit établi par le peuple irakien». «Sa base sera large, incluant tous les groupes religieux et ethniques et comprenant des Irakiens actuellement à l'intérieur et à l'extérieur de l'Irak. Elle sera le moyen pour les Irakiens de participer immédiatement à la reconstruction économique et politique de leur pays», a-t-elle poursuivi.

Mme Rice a souligné que le département de la Défense serait «l'agence américaine de tête» dans le fonctionnement de l'Office pour la reconstruction et l'aide humanitaire (ORHA). L'ORHA sera chargé de remettre en état l'infrastructure de base, notamment de l'électricité, de l'eau et des services médicaux, ainsi que de distribuer l'aide humanitaire.

En outre, l'ORHA sera dirigé par le général américain à la retraite Jay Garner, qui avait déjà été chargé de mettre en place une administration provisoire dans le nord de l'Irak après la première guerre du Golfe en 1991. Condoleezza Rice a souligné que les Irakiens seraient «totalement impliqués» dans la gestion de l'ORHA qui, une fois sa mission accomplie, gardera un rôle consultatif et ne sera pas un gouvernement provisoire.

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