Le torchon brûle entre le Pentagone et le département d'État Mise à jour le vendredi 4 avril 2003, 23 h 40 .  | | George Bush et Donald Rumsfeld | Les tensions sont vives au sein de l'administration Bush sur la forme à donner à la future administration provisoire de l'Irak, notamment en ce qui concerne le rôle des Nations unies et des opposants irakiens. De hauts responsables américains parlent d'une «bataille féroce» entre le Pentagone, dirigé par Donald Rumsfeld, et le département d'État, administré par Colin Powell. La question de l'autorité irakienne intérimaire serait la plus âprement disputée. D'un côté, le secrétaire à la Défense a suggéré la création immédiate d'un gouvernement provisoire, au moins dans le sud du pays. Ce gouvernement s'appuyerait largement sur l'opposition irakienne en exil, plus apte à gouverner en raison de son expérience du monde occidental, selon M. Rumsfeld.
 | | Dick Cheney, George Bush et Colin Powell (archive) | D'un autre côté, le secrétaire d'État Powell craint que cette autorité irakienne intérimaire soit mal accueillie par la population locale et qu'elle bloque les efforts visant à réparer les liens endommagés avec l'Europe et le monde arabe. Les services de renseignement appuieraient la position de M. Powell. La position de Donald Rumsfeld a été transmise à la Maison-Blanche mercredi, au moment même où Colin Powell se trouvait en Europe pour plaider en faveur d'un partenariat avec l'ONU. Selon ces responsables américains, M. Powell s'est mis en colère en apprenant le plan de M. Rumsfeld. Il aurait téléphoné à la Maison-Blanche, dans l'avion qui le ramenait jeudi à Washington, pour faire part de son opposition. Par ailleurs, le chef de la diplomatie américaine a déclaré vendredi qu'il avait exposé au secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, ses idées concernant le rôle de l'ONU dans l'Irak post-Saddam, mais il n'a pas précisé la teneur de ses propos.

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