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L'ONU refuse la supervision anglo-américaine en Irak

Mise à jour le jeudi 3 avril 2003, 23 h 44 .

Les Nations unies, bien décidées à garder une entière liberté de mouvement en Irak, refusent catégoriquement que leurs opérations humanitaires dans le pays s'effectuent sous contrôle des forces américano-britanniques, indique un document interne de l'ONU diffusé jeudi.

Intitulé Instructions générales pour les relations entre le personnel des Nations unies et les acteurs militaires dans la crise en Irak, ce document, destiné au personnel des agences de l'ONU, énumère de façon très claire les règles qui doivent régir les relations avec les soldats de la coalition.

Ainsi, il sera interdit de hisser le drapeau des Nations unies sur les centres d'opérations humanitaires mis en place en Irak par les Américains. Les convois de l'ONU ou ses opérations humanitaires ne pourront pas non plus recourir à des escortes militaires, sauf circonstances exceptionnelles et à condition d'avoir obtenu l'autorisation préalable du siège de l'ONU.

La collaboration avec les équipes d'assistance au désastre (DART) américaines est aussi sévèrement limitée. «Une affiliation trop étroite à ces équipes compromettrait la perception que l'on pourrait avoir de l'impartialité et de la neutralité des Nations unies», insiste le guide pratique.

En règle générale, «une claire distinction doit être préservée entre les activités humanitaires et militaires», souligne ce texte, afin de limiter «les effets négatifs» qu'une confusion des genres pourrait avoir sur la sécurité du personnel de l'ONU. Le personnel des agences humanitaires de l'ONU est ainsi appelé à affirmer en toute circonstance son identité onusienne et en particulier à ne voyager que dans des véhicules des Nations unies clairement identifiés. De même, les tenues pouvant être confondues avec des uniformes leur sont proscrits.

Le personnel des Nations unies n'est pas non plus autorisé à accepter des gardes armés fournis par les belligérants pour ses bureaux, entrepôts ou résidences. Il est également demandé de clairement identifier l'assistance humanitaire qu'il distribue, ainsi que ses bureaux et locaux, qui doivent rester distincts des autres centres de secours, comme les centres d'opérations humanitaires (HOC) établis conjointement par les États-Unis et le Koweït.

Le personnel expatrié des Nations unies a été retiré d'Irak pour raisons de sécurité à la veille du déclenchement de la guerre par les États-Unis, mais quelque 3000 employés irakiens sont restés sur place, où ils assurent la distribution de l'aide humanitaire sur une base pragmatique, selon la vice-secrétaire générale des Nations unies, Louise Fréchette.

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