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Powell oppose une fin de non-recevoir aux Européens

Mise à jour le jeudi 3 avril 2003, 23 h 42 .

Le secrétaire d'État américain, Colin Powell
Le secrétaire d'État américain, Colin Powell, oppose une fin de non-recevoir aux Européens. En visite à Bruxelles, le chef de la diplomatie américaine a estimé jeudi que ce sont les États-Unis qui doivent jouer un rôle central dans la reconstruction de l'Irak après la guerre, et non les Nations unies comme le réclament les Quinze.

«La coalition doit jouer le rôle principal. Mais cela ne signifie pas que nous devons fermer la porte aux autres. Les Nations unies auront sans conteste un rôle, mais ce que sera la nature exacte de ce rôle reste à voir», a déclaré M. Powell au terme de sa rencontre avec ses homologues européens.Extrait vidéo

Dominique de Villepin (archives)
Cette position américaine va à l'encontre de celle défendue par la plupart des capitales européennes, qui souhaitent donner un rôle décisif à l'ONU dans l'après-Saddam. «Nous pensons que les Nations unies doivent avoir un rôle central, que ce soit politique ou économique. Les Nations unies sont la seule organisation internationale qui puisse donner une légitimité à cela», a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Dominique de Villepin.

Le ministre grec des Affaires étrangères, Georges Papandreou, dont le pays préside actuellement l'Union européenne, a de son côté affirmé qu'une résolution de l'ONU était une «condition préalable» pour un «plein engagement» de l'UE dans la reconstruction du pays.

«Il y aura au départ une occupation militaire, car c'est le seul moyen légal et pratique de diriger le pays», a déclaré pour sa part le ministre des Affaires étrangères de la Grande-Bretagne, Jack Straw, lors d'une entrevue diffusée jeudi soir sur la chaîne de télévision BBC. Le ministre britannique a toutefois ajouté que la Grande-Bretagne et les États-Unis confieraient le plus rapidement possible le pouvoir à une administration irakienne installée sous l'égide des Nations unies.

Le plan américain de reconstruction de l'Irak, qui n'a pas été annoncé officiellement, suscite énormément d'appréhensions. Sur le plan politique, ce plan prévoierait que Bagdad soit gouverné pendant un temps indéterminé par les Américains avec l'aide de conseillers irakiens. Par la suite, Washington mettrait en place un gouvernement intérimaire assurant la transition vers la démocratie.

L'Union européenne a été peu informée sur la nature réelle de ce plan et n'a pas encore formulé de position officielle. Mais l'Europe ne veut pas d'un plan d'occupation militaire qui laisserait aux Américains la gouverne de l'Irak. L'Union européenne insiste pour que l'ONU se charge de la transition politique et de la protection des intérêts économiques de l'Irak.

L'OTAN pourrait jouer un rôle important

En revanche, M. Powell et ses homologues européens seraient parvenus à un accord de principe sur l'idée de confier à l'OTAN le déploiement d'une force de maintien de la paix en Irak après la guerre. Washington n'a pas encore formulé de demande officielle auprès de l'OTAN, mais Colin Powell s'est déclaré «satisfait de l'attitude réceptive» qu'a recueillie cette suggestion. Les États-Unis ont évoqué cette possibilité pour la première fois en décembre dernier.

«Les ministres ont plus que souhaité voir si d'autres organisations internationales, comme l'OTAN, ne pourraient pas avoir un rôle pour aider à la reconstruction de l'Irak», a rapporté le secrétaire général de l'Alliance atlantique, George Robertson.

Des diplomates ont laissé entendre que la France, l'Allemagne et la Belgique, principaux opposants à la guerre au sein de l'UE et de l'OTAN, pourraient accepter une opération de maintien de la paix qui s'appuierait sur l'expérience acquise par l'Alliance atlantique en Bosnie et au Kosovo. Les ambassadeurs de l'OTAN pourraient examiner l'idée d'une telle mission de maintien de la paix dès la semaine prochaine.

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