De violents combats dans la région de Bassorah Mise à jour le mardi 1 avril 2003, 20 h 06 .  | | Bassorah | De violents combats ont opposé dans la nuit de lundi à mardi les troupes irakiennes aux forces de la coalition américano-britannique dans la région de Bassorah, dans le sud de l'Irak. Selon le correspondant d'Al-Jazira, ces combats se sont déroulés dans le quartier résidentiel de Baas, qui serait la dernière zone habitée avant l'aéroport de Bassorah. Toujours selon le correspondant d'Al-Jazira, la périphérie de Bassorah a également été la cible de bombardements américano-britanniques mardi. Des explosions ont secoué la zone de Tanouma, à l'est de la ville. Il s'agit du premier raid aérien mené sur cette cette zone depuis cinq jours.
Le ministre irakien de la Défense, Sultan Hachem Ahmad, a affirmé mardi que les forces irakiennes avaient tué 19 soldats de la coalition américano-britannique dans ce secteur. Il a ajouté que trois hélicoptères Apache et trois drones avaient également été abattus.
Bassorah, deuxième ville d'Irak avec 1,2 million d'habitants, est encerclée depuis le début de la guerre par les forces britanniques qui se heurtent à une forte résistance irakienne à l'intérieur de la ville. Jusqu'à présent, les combats se sont déroulés à la périphérie, mais un officier britannique avait indiqué lundi que des renforts étaient attendus pour lancer la bataille à l'intérieur de Bassorah.
La population civile prise en otage
Par ailleurs, le général Ahmad a affirmé que les forces britanniques visaient volontairement les civils irakiens. «Dès qu'un combattant irakien affronte les forces britanniques, celles-ci bombardent la population civile», a-t-il affirmé depuis Bagdad.
 | | Des civils sur la route de Bassorah | En revanche, des civils irakiens fuyant Bassorah ont raconté mardi à des journalistes de Reuters que les miliciens du parti Baas, au pouvoir, maintenaient un climat de terreur dans la ville assiégée pour contraindre les habitants à combattre les forces américano-britanniques. Les plus fidèles partisans de Saddam Hussein menacent également de terribles représailles en cas de tentative de soulèvement. «Ce n'est pas le manque de nourriture qui nous inquiète. C'est la terreur dans Bassorah, la terreur d'État», a déclaré à Reuters un Irakien sous le couvert de l'anonymat. Selon des témoins, les miliciens du parti Baas, armés de fusils AK-47 et de roquettes antiaériennes, auraient établi des points de contrôle à l'intérieur même de la ville. Une centaine de groupes de miliciens seraient en action.
Quelques soldats irakiens ont tout de même réussi à s'échapper de la ville et à se rendre aux forces britanniques. Un homme a raconté à Reuters que la police secrète de Saddam Hussein a procédé ces derniers jours à un certain nombre d'arrestations.
Après la guerre du Golfe de 1991, la population chiite du sud de l'Irak, encouragée par les États-Unis, s'était révoltée contre le régime de Saddam Hussein, qui avait ensuite violemment réprimé ce soulèvement sans que l'armée américaine n'intervienne. Cette fois, la révolte escomptée par les États-Unis et la Grande-Bretagne n'a pas eu lieu. Les habitants oscillent entre la peur persistante de Saddam Hussein et la colère contre ces «libérateurs» qui les bombardent.

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