La Syrie se range du côté de l'Irak Mise à jour le lundi 31 mars 2003, 16 h 37 .  | | Manifestation contre la guerre à Damas, le 25 mars dernier. | La guerre des mots que se livrent depuis quelques jours Damas et Washington a pris de l'ampleur par la déclaration d'un porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères qui a affirmé lundi que la Syrie a décidé de supporter le peuple irakien contre ce qu'il qualifie «d'illégale invasion américano-britannique». «La Syrie a choisi de se placer aux côtés du peuple irakien frère qui fait face à une invasion illégale et injustifiée et contre lequel sont commises toutes sortes de crimes contre l'humanité», a déclaré le porte-parole, répondant ainsi au secrétaire d'État américain, Colin Powell, qui affirmait, dimanche soir, que «la Syrie fait face à des choix critiques : soit elle continue de supporter directement des groupes terroristes et le régime agonisant de Saddam Hussein, soit elle s'engage sur une voie différente et porteuse d'avenir».
La Syrie, même si elle figure depuis les années 1980 sur une liste du département d'État des «pays soutenant le terrorisme», n'avait pas été placée, en compagnie de l'Irak, l'Iran et la Corée du Nord, dans l'axe du mal du président Bush. Cependant, les récentes déclarations américaines de Colin Powell et Donald Rumsfeld font craindre au régime de Damas d'être la prochaine cible des Américains.
Le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, avait accusé la Syrie, vendredi dernier, d'avoir «laissé transiter du matériel militaire» à travers sa frontière avec l'Irak. Cette situation, selon le politicien américain, doit être considérée comme «un acte hostile». La réponse de la Syrie aux accusations de Donald Rumsfeld n'a pas tardé, un porte-parole du gouvernement syrien dénonçant presque aussitôt les accusations américaines comme «une tentative de couvrir les exactions des troupes (américaines) à l'encontre des civils irakiens».
Seul pays arabe à siéger en tant que membre non permanent au Conseil de sécurité de l'ONU, la Syrie s'est toujours fermement opposée à une intervention armée en Irak. Le porte-parole syrien a réaffirmé lundi que son gouvernement «a choisi de se placer avec le consensus international qui a refusé toute agression contre l'Irak, tout bombardement de villes, tout massacre de civils innocents, toute destruction de maisons, de centrales énergétiques et de station de traitement des eaux».
Dimanche dernier, la chaîne Al-Jazira faisait état de nombreux volontaires syriens qui auraient traversé la frontière pour apporter une assistance militaire aux troupes irakiennes dans le nord de l'Irak.

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