Bassorah: l'aide humanitaire sous les raids Mise à jour le dimanche 30 mars 2003, 13 h 25 .  | | Des civils sur la route de Bassorah | Malgré les bombardements qui se poursuivent sur la ville, les citoyens de Bassorah tentent tant bien que mal d'atteindre l'aide humanitaire. Pris entre deux feux, celui de la résistance et celui des forces américano-britanniques, les civils de la grande cité pétrolière sortent de la ville sous les tirs afin d'aller se ravitailler. Deuxième ville en importance en Irak, Bassorah est le théâtre de combats intenses entre forces irakiennes et les troupes britanniques qui l'encerclent. Sacrée «ville-martyre» au cours de la guerre Iran-Irak, où elle a essuyé la majorité des pertes de vie, Bassorah est un symbole religieux important pour les Irakiens. La présence des forces de la coalition y est perçue comme la violation d'une terre sacrée.
Sur la route menant à la cité pétrolière, des scènes surréalistes: les troupes américano-britanniques croisent sur leur chemin des citoyens de Bassorah qui reviennent de points de distribution d'aide humanitaire situés à l'extérieur de la ville. Les militaires arrêtent, fouillent et interrogent quiconque semble suspect.
Bloqués au point de contrôle, des hommes n'arrivent plus à ravitailler leur famille; femmes et enfants sont forcés de partir seuls, pour tenter de fuir les combats. Ils se dirigent souvent vers Al-Zubair et Oum Qasr plus au sud, où la résistance a été étouffée, et où l'aide humanitaire commence à être distribuée.
Un navire britannique d'aide humanitaire est d'ailleurs arrivé à Oum Qasr, dimanche. Le général britannique Albert Whitley, chargé des opérations humanitaires, a aussi annoncé que le port profitera d'une canalisation reliée au réseau koweitien, qui fournira au sud de l'Irak 2,7 millions de litres d'eau potable par jour.
 | | La Croix-Rouge distribue de l'eau potable à Bassorah | Selon le général Whitley, les civils de Bassorah disposent de vivres et d'eau pour une durée de moins de deux mois. Plusieurs organisations humanitaires craignent néanmoins une crise majeure dans la ville chiite. Les livraisons d'eau ont été rétablies, et les civils se sont bousculés à l'arrivée des camions de la Croix-Rouge. Cependant, le général Whitley a indiqué que les livraisons n'étaient pas restaurées «aux villes avoisinantes, et nous ne garantissons pas de (pouvoir) livrer de l'eau aux 270 000 personnes qui, même avant la guerre, devaient chercher de l'eau».
Les frappes se poursuivent
Sur le terrain, les troupes au sol ont marqué un temps d'arrêt dans leur avancée, mais les forces aériennes continuent leurs raids sur la ville. Un correspondant de la chaîne qatariote Al-Jazira a toutefois rapporté, dimanche matin, que la ville était la cible d'importants tirs d'artillerie, quelques heures après avoir connu des bombardements aériens intensifs. Un échange d'une heure et demie de tirs de chars et d'artillerie s'est déroulé près d'un pont sur la rive ouest de Bassorah.
Pour la coalition, le mot d'ordre est clair: pilonner, pour mieux encercler. L'invasion, a confié un porte-parole britannique, aura lieu plus tard. Les soldats britanniques ont encerclé la ville, défendue par des miliciens fidèles à Saddam Hussein.
 | | Bassorah | Le colonel Al Lockwood, du commandement central, au Qatar, a annoncé que ses forces ont fait prisonnier «un général et un autre officier supérieur» lors de combats près de Bassorah. Les combats ont opposé au sud-est de la ville des «paramilitaires» irakiens, commandés par des officiers, à des commandos britanniques. Le colonel Lockwood a précisé que ces officiers venaient sans doute de l'armée régulière irakienne et non de la Garde républicaine de Saddam Hussein, visée par les attaques au cours des derniers jours. Il a toutefois affirmé que des éléments de la Garde républicaine irakienne avaient été envoyés à Bassorah pour aider les forces résistantes dans la ville.
La veille, la coalition américano-britannique avait annoncé avec fierté la mort de 200 personnes dans la destruction d'un immeuble où se tenait, semble-t-il, une réunion du Parti Baas.
De son côté, le ministre irakien de l'Information Mohammad Saïd al-Sahhaf a rapporté qu'un hélicoptère d'attaque Apache avait été abattu près de Bassorah, sans toutefois préciser la date.

|