L'opposition irakienne prépare l'après-Saddam Mise à jour le samedi 29 mars 2003, 12 h 14 .  | | L'opposition irakienne s'était déjà réunie à Londres, en décembre dernier. | À Londres, quelque 300 immigrés irakiens venus du monde entier et opposés au régime de Bagdad se réunissent pour tenter d'organiser l'après-Saddam. Ils prônent la création d'un gouvernement civil qui serait indépendant des États-Unis. Le dirigeant d'un nouveau groupe d'opposants irakiens en exil, Adnan Pachachi, a d'ailleurs catégoriquement rejeté une administration militaire américaine après la guerre et a demandé la mise en place d'une autorité irakienne transitoire soutenue par l'ONU. Cet ancien ministre des affaires étrangères et ambassadeur auprès des Nations unies, avant l'arrivée au pouvoir du Parti Baas en 1968, souhaite que d'ici deux ans, des élections soient organisées sous supervision internationale. Il s'en est par ailleurs vivement pris au régime « corrompu et dictatorial » de Saddam Hussein qui a « opprimé le peuple irakien et lui a confisqué ses libertés durant quatre décennies de pouvoir illégal ». Il a également sévèrement critiqué la guerre en cours en Irak, mais en rendant Saddam Hussein responsable de la situation.
Cette réunion dans un hôtel londonien a été organisée par le mouvement des « Irakiens indépendants pour la démocratie ». Il est composé essentiellement de personnalités indépendantes qui disent appartenir au courant libéral et démocratique et compte notamment des médecins, des consultants et des économistes. Ce groupe est tout à fait distinct des six formations de l'opposition en exil qui a récemment annoncé une direction collégiale. M. Pachachi a d'ailleurs refusé de faire partie de cette direction.
Une déclaration de principe devrait être discutée à huis clos par les participants. Le texte proposerait un gouvernement transitoire gelant les activités du Parti Baas, première étape avant sa dissolution, arrêtant les dirigeants du parti et protégeant les futurs membres des actes de vengeance dont ils pourraient faire l'objet. Le document prévoirait également l'établissement d'une constitution de type fédéral et décentralisé. À ce propos, M. Pachachi a indiqué que le droit des Kurdes à l'autonomie constituait une priorité.

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