Irak : l'aide arrive au compte-gouttes Mise à jour le vendredi 28 mars 2003, 23 h 35 . Le Conseil de sécurité des Nations unies a approuvé vendredi à l'unanimité la reprise du programme Pétrole contre nourriture pour l'Irak. Le secrétaire général de l'ONU dispose du pouvoir, pendant 45 jours renouvelables, de prendre les mesures nécessaires pour adapter l'application du programme à la situation sur le terrain. Avant de prendre des décisions, M. Annan devra toutefois en référer au comité du Conseil de sécurité chargé des sanctions contre l'Irak, présidé actuellement par l'Allemagne.
 | | Le Conseil de sécurité de l'ONU | Selon des diplomates, les États-Unis souhaitaient que le secrétaire général dispose de pouvoirs sur une période plus longue et sans contrôle du comité. Washington n'a pas non plus convaincu les autres membres du conseil de ne pas désigner les forces américano-britanniques sous les termes de forces occupantes. De même, la résolution rappelle que, selon les conventions de Genève et de La Haye, l'ultime responsabilité du sort et de la survie des populations civiles doit être assumée par la force occupante. Les Américains s'opposaient également que la résolution rappelle qu'en tant que force d'occupation, leurs armées doivent fournir «toutes les facilités nécessaires» ainsi qu'«assurer la sûreté, la sécurité et la liberté de mouvement des personnels des Nations unies et des organisations humanitaires».
Environ 60% des Irakiens dépendent de ce programme, en vigueur depuis 1996, pour leur subsistance quotidienne. Avant sa suspension, le 18 mars dernier, à cause du déclenchement de la guerre, le programme permettait à l'Irak d'importer chaque mois 850 millions de dollars de biens de première nécessité.
Fonds d'urgence
Par ailleurs, un appel de fonds d'urgence a été lancé vendredi par l'ONU pour récolter 2,2 milliards de dollars américains (environ 3,2 milliards de dollars) destinés à financer une assistance humanitaire immédiate à la population irakienne. Les Nations unies ont précisé que cette aide devrait permettre d'éviter une grave crise humaine au cours des six prochains mois. De ce montant, 1,3 milliard de dollars seront consacrés à l'aide alimentaire. La secrétaire générale adjointe, Louise Fréchette, a indiqué que la reprise du programme « Pétrole contre nourriture » permettrait de financer ce volet alimentaire.
L'appel lancé par l'ONU part du principe que les provisions alimentaires actuelles de l'Irak seront épuisées d'ici quatre à six semaines et qu'il faudra fournir mensuellement 480 000 tonnes de nourriture à la population irakienne pendant trois mois.
Première livraison humanitaire
Le premier navire transportant des biens et denrées de première nécessité destinés à la population irakienne a finalement pu mouiller, vendredi, dans le port D'Oum Qasr, dans le sud du pays. Le Sir Galahad, qui contient 500 tonnes de nourriture, de médicaments, d'eau et de couvertures, est un bâtiment britannique. Son arrivée a été retardée parce que des opérations de déminage ont dû être effectuées dans le port, un point stratégique que les forces anglo-américaines ont eu du mal à gagner. Il s'agit de la première cargaison d'aide acheminée sur place par les forces anglo-américaines depuis le déclenchement de l'invasion de l'Irak. Son arrivée confirme que les troupes ont effectivement «sécurisé» le seul port en eau profonde du pays, où les forces irakiennes leur ont opposé une vive résistance.
Le directeur de l'hôpital de la ville de 40 000 habitants a présenté aux Britanniques la liste des médicaments et équipements qui font le plus défaut. Selon lui, les trois problèmes les plus graves sont le manque d'électricité, d'eau et de nourriture. La pénurie d'eau potable a provoqué de nombreuses affections parmi la population. En revanche, la nourriture ne pose pas encore de problème puisque de nombreuses familles ont stocké des mois de rations, livrées par le gouvernement irakien avant le début du conflit.
| | * Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes |

|