Negroponte claque la porte de l'ONU Mise à jour le jeudi 27 mars 2003, 20 h 35 .  | | John Negroponte (archive) | L'ambassadeur des États-Unis aux Nations unies, John Negroponte, a quitté jeudi la salle du Conseil de sécurité de l'ONU au milieu de l'allocution de son homologue irakien, Mohamed Al-Douri. «Je suis resté pendant une bonne partie de ce qu'il avait à dire, mais il n'y avait rien de nouveau», a déclaré le diplomate américain, ajoutant qu'il en avait assez «d'écouter des accusations absurdes». M. Al-Douri a clôturé jeudi un débat public sur l'Irak au Conseil de sécurité en dénonçant «l'agression et l'invasion» menées par les États-Unis. Selon lui, le véritable but de cette guerre est de s'emparer des gisements pétroliers irakiens. Le Conseil de sécurité a entamé mercredi un débat public sur l'Irak. Un total de 85 orateurs ont participé à cette séance. La séance de mercredi a été suspendue après plus de cinq heures de débats essentiellement consacrés à des condamnations répétées de la guerre lancée par les États-Unis et la Grande Bretagne.
 | | Kofi Annan (archive) | Kofi Annan, le secrétaire général des Nations unies, a ouvert le débat en reconnaissant que de nombreux pays «ont été amèrement déçus» de la façon dont les Nations unies et le Conseil de sécurité ont géré la crise irakienne. Il a toutefois estimé que la confiance en l'ONU ne pourrait être rétablie que si le Conseil se fixait des objectifs précis concernant l'Irak, notamment celui de mettre à profit les milliards de dollars de revenus de la vente du pétrole irakien pour financer, par le biais du programme «Pétrole contre nourriture», une aide humanitaire d'urgence destinée à la population irakienne. Le secrétaire général a ensuite critiqué à la fois l'Irak et les États-Unis, le premier pour avoir négligé les inspecteurs en armements et les seconds pour avoir agi de manière unilatérale. Ce débat, qui est en fait une succession de discours prononcés à la tribune du Conseil de sécurité par les représentants des pays membres des Nations unies souhaitant s'exprimer, ne débouchera pas sur un vote. Selon des sources diplomatiques, la Ligue arabe étudierait toutefois la possibilité de déposer un projet de résolution. «Ils sont en train de voir s'ils peuvent recueillir un minimum de neuf voix», a expliqué un diplomate sous le couvert de l'anonymat.
Au cas où un projet de résolution obtiendrait les neuf voix requises pour son adoption, un pays membre permanent du Conseil de sécurité qui souhaiterait s'y opposer - dans ce cas précis, les États-Unis ou la Grande-Bretagne - devrait faire valoir mettre son veto.
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