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La guerre sera «longue et difficile» selon Tony Blair

Mise à jour le vendredi 28 mars 2003, 14 h 59 .

Le premier ministre britannique, Tony Blair
Dans une entrevue accordée à la BBC vendredi matin, Tony Blair a confié que la tâche d'écarter Saddam Hussein du pouvoir sera «longue et difficile». Il a plaidé pour un «gouvernement le plus représentatif possible» des Irakiens qui sera mis en place «avec les Nations unies», organisation à laquelle il souhaite confier l'aspect humanitaire, mais aussi l'administration civile de l'Irak à l'issue de la guerre.

M. Blair a en outre estimé que ses compatriotes n'avaient pas mesuré l'ampleur de la menace qui pèse sur eux depuis le 11 septembre 2001. «Le menace est réelle, a-t-il dit. Les liens entre ces États voyous dotés d'armes de destruction massive et des mouvements terroristes est réel.»

Questionné sur le sort de Saddam Hussein, le premier ministre a dit qu'il ignore s'il est mort ou vivant, assurant cependant que l'Irak a enregistré plusieurs messages du président irakien qui seront diffusés.

Bush et Blair affichent leur confiance

La veille, Tony Blair et George W. Bush ont fait le point sur les opérations militaires en Irak lors d'une conférence de presse commune à Camp David, dans le Maryland, et ont réaffirmé que leur objectif était de libérer le peuple irakien.

George W. Bush a pris la parole en premier pour rappeler que l'objectif de cette guerre était de «libérer le peuple irakien et rendre le monde plus pacifique». Le président américain a confirmé que les forces anglo-américaines engagées en Irak faisaient «des progrès réguliers contre l'ennemi» et que le président irakien perdait de son emprise sur son pays lentement mais sûrement.

«Nous affrontons maintenant les unités les plus solides et les plus déterminées de l'armée du dictateur», a souligné M. Bush. «La campagne qui nous attend demandera encore plus de courage et encore plus de sacrifices, mais nous en connaissons le résultat: l'Irak sera désarmé, le régime irakien prendra fin et le peuple irakien qui souffre depuis longtemps sera libéré», a-t-il affirmé.

Interrogé sur la durée probable du conflit en raison de la résistance rencontrée par les troupes anglo-américaines pendant la première semaine de guerre, il a déclaré qu'elle serait aussi longue que nécessaire pour contrer l'Irak.

Il a également indiqué que la coalition était prête à distribuer une aide humanitaire à grande échelle et qu'elle souhaitait la reprise immédiate du programme «pétrole contre nourriture» géré par l'ONU.

George Bush a été très clair sur le fait qu'il reviendrait au peuple irakien de choisir le gouvernement qui succédera à Saddam Hussein.

Quant au premier ministre britannique, il a affirmé qu'«énormément avait été fait» durant la première semaine d'opérations en Irak. Tony Blair a rappelé les progrès déjà accomplis par les forces de la coalition après une semaine de combat, à savoir la protection des champs pétrolifères du sud, la progression des soldats qui ne sont plus qu'à quelque 50 kilomètres de la capitale irakienne, le commencement de la distribution de l'aide humanitaire, l'encerclement de Bassorah dans le sud du pays, le contrôle du port d'Oum Qasr ainsi que l'affaiblissement sensible du régime irakien.

Tony Blair estime aussi qu'une résolution appelant à la mobilisation pour l'aide humanitaire en Irak devrait être adoptée d'ici 24 heures au Conseil de sécurité de l'ONU.

L'exécution de prisonniers britanniques est démentie

Washington et Londres ont accusé jeudi l'Irak d'avoir exécuté des prisonniers de guerre. Le premier ministre britannique a déclaré que les deux soldats britanniques tués dont la télévision qatarie avait montré la veille les corps ensanglantés avaient en fait été exécutés. «Nous avons vu la réalité du régime de Saddam: ses sbires prêts à tuer leur propre peuple, l'exhibition de prisonniers de guerre et maintenant la publication de ces photos de prisonniers britanniques exécutés», s'est-il indigné.

Interrogé sur les raisons qui l'amenaient à affirmer qu'il s'agissait d'exécutions, M. Blair s'est borné à indiquer que c'était «en raison des circonstances dont nous avons connaissance», dénonçant du fait «un acte de cruauté inimaginable».

Les accusations britanniques et américaines ont aussitôt été démenties par l'ambassadeur d'Irak à Moscou, Abbas Khalaf, dans un entretien accordé à l'agence de presse russe Interfax. les prisonniers, a-t-il assuré, sont traités conformément aux Conventions de Genève.

Puis, dans un entretien au quotidien Daily Mirror, la soeur d'un des soldats britanniques dont les corps ont été montrés à la télévision a également démenti les affirmations du premier ministre Blair. Nina Allsopp affirme que l'armée lui a dit que son frère Luke avait été tué sur le coup au combat.

Allsopp et son sergent-chef Simon Cullingworth, des démineurs du génie britannique, avaient disparu dimanche lors d'une embuscade à Az Zoubaïr, près de Bassorah. Un porte-parole de M. Blair a admis que le gouvernement n'est pas certain que les deux soldats aient bien été exécutés, mais a indiqué que plusieurs indices confortaient cette hypothèse.

Les États-Unis saisissent les avoirs irakiens

Le gouvernement américain a saisi 1,62 milliard de dollars d'avoirs irakiens déjà gelés aux États-Unis et qui seront utilisés à des fins humanitaires en Irak, a déclaré jeudi un haut responsable du département du Trésor. Le président américain George W. Bush avait signé la semaine dernière un décret ordonnant au département du Trésor de prendre cette mesure.

L'argent a été transféré sur un compte de la réserve fédérale de New York. Soixante-dix-sept millions supplémentaires doivent être transférés bientôt, portant le total à 1,69 milliard de dollars.

En marche vers un règlement sur le Proche-Orient

Le président américain George W. Bush, fortement appuyé sur ce point par son homologue britannique, a affirmé que la feuille de route pour un règlement de paix au Proche-Orient sera bientôt publiée. «Nous publierons bientôt la feuille de route qui est destinée à transformer une vision en réalité», la création d'un État palestinien au côté d'Israël, a déclaré M. Bush.

Howard ne croit pas que la guerre tourne mal

Le premier ministre australien, John Howard, ne croit pas que la guerre tourne mal en Irak malgré les déclarations qui indiquent que le conflit sera plus long que prévu. Fidèle allié des États-Unis, Howard a précisé aux médias australiens qu'il n'a «jamais donné de calendrier précis» quant à la durée des opérations.

L'Australie est le troisième pays à avoir envoyé des troupes dans le Golfe, après les Américains et les Britanniques. Deux mille militaires australiens sont déployés, dont des forces d'élite, avec des avions de combat et des navires de guerre, aux côtés des forces américano-britanniques.

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