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Powell : l'ONU doit être impliquée dans l'Irak post-Saddam

Mise à jour le mercredi 26 mars 2003, 23 h 22 .

Colin POwell (archive)
Le secrétaire d'État américain a déclaré mercredi que les États-Unis souhaitaient que les Nations unies soient impliquées dans la mise en place d'un nouveau pouvoir en Irak pour remplacer le régime de Saddam Hussein. Colin Powell, qui s'exprimait devant une commission de la Chambre des représentants américaine, a évoqué la possibilité d'une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l'ONU qui reconnaîtrait les plans américains pour administrer l'Irak après la chute du régime de Saddam Hussein.

Le chef de la diplomatie américaine a rappelé que les plans américains prévoient que l'Irak soit placé sous la responsabilité du général Tommy Franks, responsable des opérations militaires, tout de suite après la chute du régime de Saddam Hussein. Cette mise en tutelle américaine aurait pour but de stabiliser la situation dans tout le pays, de trouver les armes de destruction massive de l'armée irakienne et de s'assurer que les principaux responsables du régime soient partis.

Dans un deuxième temps, Washington installerait le plus rapidement possible une administration irakienne intérimaire, composée à la fois d'Irakiens de l'intérieur et d'Irakiens revenus d'exil, pour former un futur gouvernement. «Avec le temps, lentement mais sûrement, nous voulons assurer la transition vers un gouvernement irakien légitime», a déclaré M. Powell, sans préciser la durée d'une telle administration.

Le chef de la diplomatie américaine a également mentionné la présence de l'ONU, sous forme d'un coordinateur spécial des Nations unies en Irak. Ce rôle de l'ONU reste toutefois à définir.

Débat public au Conseil de sécurité

Cette intervention de M. Powell survient au moment où le Conseil de sécurité a entamé un débat public sur l'Irak. La séance de mercredi a été suspendue après plus de cinq heures de débats essentiellement consacrés à des condamnations répétées de la guerre lancée par les États-Unis et la Grande Bretagne.

Kofi Annan (archive)
Kofi Annan, le secrétaire général des Nations unies, a ouvert le débat en reconnaissant que de nombreux pays ont «ont été amèrement déçus» de la façon dont les Nations unies et le Conseil de sécurité ont géré la crise irakienne. Il a toutefois estimé que la confiance en l'ONU ne pourrait être rétablie que si le Conseil se fixait des objectifs précis concernant l'Irak, notamment celui de mettre à profit les milliards de dollars de revenus de la vente du pétrole irakien pour financer, par le biais du programme «Pétrole contre nourriture», une aide humanitaire d'urgence destinée à la population irakienne.

Le secrétaire général a ensuite critiqué à la fois l'Irak et les États-Unis, le premier pour avoir négligé les inspecteurs en armements, et les seconds pour avoir agi de manière unilatérale.

Ce débat, qui est en fait une succession de discours prononcés à la tribune du Conseil de sécurité par les représentants des pays membres des Nations unies souhaitant s'exprimer, ne débouchera pas sur un vote. Mais la Ligue arabe, selon des sources diplomatiques, étudie l'opportunité de déposer un projet de résolution. «Ils sont en train de voir s'ils peuvent recueillir un minimum de neuf voix», a expliqué un diplomate sous le couvert de l'anonymat.

Au cas où un projet de résolution obtiendrait les neuf voix requises pour son adoption, un pays membre permanent du Conseil de sécurité qui souhaiterait s'y opposer - dans ce cas précis, les États-Unis ou la Grande-Bretagne - devrait y mettre son veto.

Jusqu'ici, 45 orateurs sur les 78 inscrits ont pris la parole. La séance devrait reprendre jeudi matin.

Pasde consensus pour la reprise du programme «Pétrole contre nourriture»

Par ailleurs, aucun consensus n'a encore été trouvé en vue d'une résolution permettant la reprise rapide du programme «Pétrole contre nourriture» en Irak. L'ambassadeur allemand, Günter Pleuger, avait pourtant assuré, à l'issue des consultations, que le comité des experts, devrait être en mesure de rédiger un texte de consensus dès mercredi.

John Negroponte (archive)
L'ambassadeur des États-Unis, John Negroponte, avait aussi déclaré qu'une résolution pourrait être adoptée par le Conseil de sécurité avant la fin de la semaine. Cet optimisme, exprimé à l'issue d'une réunion exclusivement consacrée à la reprise de ce programme humanitaire, semblait partagé par son collègue français, Jean-Marc de La Sablière.

Le programme «Pétrole contre nourriture», qui est entré en vigueur en 1996, avait pour but d'alléger l'impact des sanctions prises contre l'Irak, au lendemain de l'invasion du Koweït, sur les populations civiles irakiennes. Selon les termes de ce programme, les importations irakiennes de première nécessité, dont la distribution était assurée par les autorités irakiennes, sont financées par la vente du pétrole brut irakien. Le montant de ces ventes, gérées par l'ONU, représente quelque 850 millions de dollars par mois.

Le programme «Pétrole contre nourriture» constitue la seule source d'approvisionnement pour plus de 60 % de la population irakienne. Il a été suspendu depuis mardi dernier.

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