Bagdad: les bombardements frappent des civils Mise à jour le jeudi 27 mars 2003, 7 h 09 . Mercredi, l'aviation anglo-américaine a effectué plus de 1500 missions dans le ciel irakien, dont 600 destinées à des bombardements, selon le Pentagone. Les cibles visées étaient les Divisions Medine et Hammourabi de la Garde républicaine irakienne, ainsi que des bâtiments du pouvoir à Bagdad.
Cependant, les forces de la coalition ont largué deux missiles de croisière sur le nord-est de Bagdad, touchant un quartier populaire de la ville et faisant au moins 14 morts et 30 blessés, selon un premier bilan de la défense civile irakienne. Un correspondant de Reuters aurait pour sa part dénombré 15 cadavres. Les tirs ont touché des bâtiments dans lesquels on retrouve des garages et des échoppes au rez-de-chaussée et des habitations à l'étage. Un marché public se tenait sur les lieux au moment de l'attaque, qui a laissé le sol jonché de carcasses de véhicules carbonisés, de gravats, de chaussée défoncée et de pans de murs écroulés.
Les autorités militaires américaines n'ont pas pu confirmer l'incident. Sous le couvert de l'anonymat, un militaire a toutefois souligné que si l'armée américaine prend toutes les précautions pour réduire les morts civiles, des accidents peuvent toutefois se produire. L'armée britannique a d'ailleurs souligné que les risques qu'il y ait des victimes civiles au cours des combats allaient augmenter. L'attaque a eu lieu vers 11h30, heure locale. Ces tirs faisaient suite à plusieurs bombardements dans le centre et la banlieue de Bagdad au cours de la matinée de mercredi. Une dizaine d'explosions ont aussi été entendues pendant la nuit alors que les frappes se poursuivaient. L'hôtel Rachid, longtemps reconnu comme lieu de résidence privilégié de la presse étrangère, a subi d'importants dommages.
Les autorités américaines ont annoncé que des avions de la coalition avaient frappé la télévision d'État irakienne. Mais malgré la fumée s'échappant du bâtiment qui l'abrite, la chaîne, qui avait interrompu ses retransmissions avant le début des frappes, a repris sa programmation en matinée, diffusant des chapitres du Coran. En revanche, la chaîne irakienne par satellite destinée à l'étranger n'a toujours pas recommencé à diffuser ses émissions. Elle avait cessé d'émettre au moment des explosions qui avaient secoué Bagdad. Le mauvais temps sévit toujours dans la capitale où la tempête de sable a fait place à un mélange de pluie boueuse et de vents forts qui déracinent des arbres le long du Tigre.

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