Soulèvement populaire contesté à Bassorah Mise à jour le mercredi 26 mars 2003, 5 h 00 . Le commandant des forces britanniques dans le Golfe a affirmé mardi soir qu'un soulèvement populaire contre le régime de Saddam Hussein semblait être en cours dans la ville de Bassorah, dans le sud de l'Irak. Mais un journaliste de la chaîne Al-Jazira, présent sur place, nie l'information. Selon les Britanniques, les forces irakiennes auraient tenté de réprimer la révolte en tirant au mortier contre leur propre population. Les forces américano-britanniques auraient à leur tour ouvert le feu et détruit ces mortiers.
Mais le correspondant de la chaîne qatariote Al-Jazira, présent à Bassorah avec l'autorisation du régime irakien, a affirmé qu'il n'a vu «aucun acte de révolte» dans la deuxième ville en importance en Irak. «Les rues sont très calmes et il n'y a aucun signe de violence ou d'émeute, a-t-il rapporté. Rien n'indique qu'un soulèvement s'y déroulerait. Tout ce qu'on peut entendre, ce sont des explosions au loin dans la direction du sud-est où nous croyons que des combats se déroulent.»
Le ministre irakien de l'Information, Mohammad Saïd al-Sahhaf, avait auparavant démenti les informations concernant un soulèvement, les qualifiant de propagande américaine.
Cependant, des journalistes de la BBC et de la chaîne de télévision britannique Sky News, demeurés sur place, ont également annoncé le soulèvement populaire de Bassorah. Quant au ministre britannique de la défense, Geoff Hoon, il a simplement déclaré à la BBC que des tirs irakiens ont visé «des civils».
Le général britannique Peter Wall a déclaré qu'il s'agirait d'un soulèvement populaire à un stade encore «embryonnaire» et qu'il serait soutenue par les forces britanniques. Cette révolte est «le genre de chose encourageante que nous voulions» a-t-il dit, soulignant qu'il n'avait pas encore encore d'indication absolument claire sur son étendue. Selon lui, les soldats irakiens qui avaient fui la zone des combats ont été forcés à revenir pour faire face à des menaces contre leurs familles.
Lors de la guerre du Golfe, en 1991, Bassorah avait été le théâtre de soulèvements populaires durement réprimés par le pouvoir irakien.
En outre, les forces britanniques ont indiqué qu'elles avaient attaqué le quartier général du parti Baas à Bassorah. Le colonel Al Lockwood a indiqué qu'elles ont utilisé une arme de précision, sans préciser laquelle.
Une crise humanitaire aiguë
Des combats acharnés se poursuivent dans la ville chiite de plus d'un million d'habitants, privée d'eau et d'électricité depuis vendredi dernier. Bassorah traverse une crise qui préoccupe énormément les organisations non gouvernementales et les Nations unies. La Croix-Rouge tente de réparer la station d'épuration de la ville pour rétablir l'approvisionnement en eau potable de la population, qui souffre des bombardements, de faim et de déshydratation.
Les forces britanniques en ont cependant fait un objectif militaire : «Nous devons faire céder les Irakiens pour faire passer l'aide humanitaire dans la ville. Nous avons toujours dit que nous ne voulions pas combattre dans les zones urbaines, mais cela tournerait à l'avantage de l'ennemi», a déclaré le colonel Chris Vernon, porte-parole de l'état-major de campagne de l'armée britannique. «Nous ne pourrons pas faire parvenir l'aide humanitaire dans la ville tant qu'elle ne sera pas sûre. Il ne fait aucun doute qu'il s'agit d'une opération militaire à hauts risques en termes de pertes et de dommages collatéraux», a ajouté l'officier.
La seconde ville du pays, qui se situe à environ 500 km au sud-est de Bagdad, est encerclée par les forces de la coalition depuis dimanche. Un millier de soldats irakiens se sont repliés à l'intérieur, avec des chars et de l'artillerie. Ils offrent une résistance acharnée aux forces de la coalition. Grâce à leur matériel, ils tirent sur la périphérie de la ville, où se trouve la 1ère brigade blindée britannique, surnommée les «Rats du désert». Les troupes de la coalition sont également en butte à des attaques de harcèlement conduites souvent par des hommes armés habillés en civil.

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