Les marchés boursiers chutent, le prix du pétrole grimpe Mise à jour le lundi 24 mars 2003, 21 h 17 .  | | La bourse de New York | Les marchés boursiers ont plongé, le dollar a faibli et le prix du pétrole a grimpé lundi, les marchés craignant un enlisement de l'offensive anglo-américaine en Irak devant la résistance des villes du sud du pays. L'atmosphère sur les marchés était marquée par la diffusion des premières images télévisées de corps de soldats américains et de prisonniers de guerre en provenance d'Irak. Dimanche, les Américains ont enregistré leurs plus lourdes pertes depuis le début de la guerre avec la mort d'une dizaine de soldats.
 | | Le général Tommy Franks | Les déclarations du commandant américain de la guerre en Irak, le général Tommy Franks, minimisant les revers enregistrés, n'ont pas réussi lundi à rassurer les marchés. La guerre en Irak s'annonçant plus longue que prévu, la bourse américaine a chuté, lundi, Wall Street perdant 3,61 % et la bourse électronique Nasdaq 3,66 %. Le DJIA, principal indicateur de Wall Street, a reculé de 307,29 points à 8214,68 points. L'indice composite du Nasdaq a perdu 52,06 points à 1369,78 points et l'indice Standard and Poor's 500, plus représentatif de la tendance générale, a plongé de 31,56 points, à 864,23 points. En pourcentage, il s'agit de la baisse la plus importante pour le DJIA depuis le 27 septembre dernier, et pour le Nasdaq depuis le 9 décembre. Il y a eu ralentissement des échanges par rapport aux récentes séances, 1,29 milliard d'actions étant négociées à Wall Street et 1,04 milliard sur le Nasdaq.
Alors que le marché envisageait avec optimisme la semaine dernière une issue rapide au conflit et, par conséquent, un impact positif sur la psychologie du consommateur, les investisseurs sont maintenant plus hésitants en raison d'une guerre en Irak plus longue que prévu et son influence probable sur l'économie américaine, soulignent les analystes. Le marché obligataire a profité du transfert de capitaux de la bourse, le rendement de l'obligation du Trésor à 10 ans reculant à 3,973 % contre 4,095 % vendredi soir et celui de l'obligation à 30 ans à 4,931 % contre 5,030 %. Les rendements évoluent en sens inverse du prix des obligations.
Les marchés latino-américains ont cédé aussi du terrain. Buenos Aires a perdu 2,67%, Mexico 2,05%, Caracas 0,74% et Lima 0,32%. De plus, les pertes ont été très lourdes sur les marchés européens. Londres a fini en recul de 3,16% et Paris de 5,67%. Francfort a chuté en clôture de 6,14%. Madrid a cédé 4,04%, Milan 2,92% et Amsterdam 6,38%. Plus tôt dans la journée, les marchés asiatiques s'étaient montrés irréguliers. Tokyo a clôturé en hausse de 2,93%, mais Hong Kong a fini en baisse de 0,77% et Singapour de 2,01%.
La situation en Irak a aussi affaibli le dollar, qui avait gagné beaucoup de terrain la semaine dernière dans l'espoir d'une victoire américaine rapide. Vers 22H00 GMT, l'euro s'échangeait à 1,0636 USD contre 1,0524 vendredi soir. Pour le chef économiste de la Banque centrale européenne, Otmar Issing, le marché des changes devrait continuer à être marqué pour encore «un certain temps par une forte volatilité», en raison de la guerre.
Le baril de brut en forte hausse à New York
Les cours du brut ont terminé en forte hausse, lundi, sur le marché à terme de New York, les investisseurs craignant des troubles d'approvisionnement en pétrole. À New York, le baril de brut pour livraison rapprochée en mai a clôturé en hausse de 1,75 dollar à 28,66 dollars après avoir chuté de 1,21 dollar vendredi. L'annonce de prisonniers et d'une dizaine de soldats de la coalition américano-britannique tués ce week-end en Irak, où la résistance s'avère plus forte que prévu, a terni la foi des investisseurs en une guerre éclair. Par ailleurs, les principaux groupes pétroliers implantés au Nigeria ont décidé, lundi, d'évacuer de nouvelles installations dans le Delta du Niger en raison de troubles violents dans la région, portant la perte de production à 765 000 barils par jour, soit plus d'un tiers des exportations journalières du pays, le plus important producteur de pétrole d'Afrique.

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