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Washington accuse Moscou de livrer des armes à Bagdad

Mise à jour le lundi 24 mars 2003, 23 h 44 .

Ari Fleischer
La Maison-Blanche a relancé, lundi, ses accusations contre des livraisons présumées d'armes russes à l'Irak, creusant le fossé entre Washington et Moscou.

Le président américain George W. Bush a fait part à son homologue russe Vladimir Poutine, lors d'une conversation téléphonique, de ses préoccupations concernant la livraison d'équipements militaires russes à Bagdad, a indiqué le porte-parole de la Maison-Blanche, Ari Fleischer.

«Les États-Unis ont des preuves concrètes que des entreprises russes ont fourni de l'assistance et du matériel interdit au régime irakien, comme des jumelles pour vision nocturne, des brouilleurs de systèmes de positionnement par satellite et des missiles antichar», a indiqué M. Fleischer. Il a également rappelé que la livraison de ce type de matériel et équipement à l'Irak faisaient l'objet d'une interdiction des Nations unies.

De plus, un responsable américain avait assuré, dimanche, que des techniciens russes étaient en Irak pour aider le régime de Saddam Hussein à mettre au point et à utiliser des installations de brouillage du guidage satellitaire des missiles et bombes à haute précision.

Les Russes répliquent

Vladimir Poutine (archives)
Le gouvernement russe et les entreprises accusées d'avoir livré des armements à l'Irak ont rejeté ces allégations, les qualifiant d'inventions. «La Russie respecte strictement toutes ses obligations internationales et elle n'a livré à l'Irak aucun équipement, y compris militaire, en violation du régime des sanctions», a dit le ministre russe des Affaires étrangères, Igor Ivanov.

«Nous n'avons rien vendu à l'Irak», a déclaré à l'AFP, Oleg Antonov, le directeur de la société russe Aviakonversiïa indirectement visée par le gouvernement américain. «Les Américains l'ont tout simplement inventé. Ils cherchent un bouc émissaire parce que leurs bombes ne sont pas aussi précises qu'ils le voudraient», a insisté M. Antonov.

La Russie a par ailleurs rappelé qu'elle restait déterminée à contrer Washington sur le terrain diplomatique. Moscou a ainsi exprimé son intention de voir le Conseil de sécurité se prononcer sur la légalité d'un conflit qu'elle estime dénué de légitimité juridique internationale.

Moscou a également opposé une fin de non-recevoir aux États-Unis qui lui avaient demandé de geler les avoirs irakiens et d'expulser les diplomates irakiens de Russie, a rapporté l'agence officielle Itar-Tass.

Poutine se soucie de la situation humanitaire

Le Kremlin a précisé, dans un communiqué, que lors de la conversation entre MM. Bush et Poutine, «la partie russe s'est concentrée sur les conséquences humanitaires des actions militaires». M. Poutine a appelé son homologue américain à éviter une «catastrophe humanitaire» en Irak, a annoncé le Kremlin.

La Russie «s'opposera aux propositions éventuelles destinées à modifier le programme 'Pétrole contre nourriture en Irak'», a déclaré, le vice-ministre des Affaires étrangères Iouri Fedotov, cité par Interfax. Washington souhaite que ce programme qui permet à l'Irak de se procurer des produits de première nécessité soit adapté en vue d'un changement de pouvoir à Bagdad. Le vice-ministre a déclaré que les compagnies russes travaillant en Irak, y compris celles qui participaient au programme «Pétrole contre nourriture», ne doivent pas subir de pertes à cause d'une opération militaire illégale.

Le programme «Pétrole contre nourriture» a été mis en place en 1995 afin de limiter l'impact sur la population irakienne des sanctions prises contre le régime de Bagdad par la communauté internationale au lendemain de l'invasion du Koweït en 1990.

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