La Turquie serait entrée en Irak Mise à jour le lundi 24 mars 2003, 14 h 32 . L'ambassadeur turc à l'OTAN a indiqué que son pays n'avait pas l'intention de se joindre à l'opération américano-britannique en Irak, cherchant ainsi à rassurer l'Alliance, après que l'Allemagne et la Belgique eurent menacé le week-end dernier de retirer leur soutien à Ankara. Malgré ce type d'assurances, les déclarations en provenance d'Ankara semblent montrer que la Turquie a bien l'intention de déployer des troupes dans le nord de l'Irak pour en assurer, selon elle, la stabilité. Des troupes auraient, d'ailleurs, déjà pénétré au Kurdistan, il y a deux jours.
Position de la Turquie devant l'OTAN
 | | Le secrétaire général de l'OTAN, George Robertson | Le secrétaire général de l'OTAN, George Robertson, avait indiqué durant le week-end que le ministre turc des Affaires étrangères l'avait assuré qu'aucun militaire turc n'avait pénétré en territoire irakien. Lundi, l'ambassadeur turc a fait une déclaration étayant les explications données par ce ministre et confirmant que son pays n'avait pas pour ambition d'intervenir en Irak. Tout le monde au sein de l'OTAN semblait ainsi rassuré.
L'Allemagne avait déclaré samedi qu'elle retirerait son personnel affecté aux avions radars Awacs déployés par l'OTAN en Turquie si Ankara devait prendre part à la guerre en Irak. La Belgique avait pour sa part mis en garde dimanche la Turquie contre toute intervention au Kurdistan irakien, affirmant que l'Union européenne serait alors amenée à revoir sa position sur la demande d'adhésion d'Ankara à l'Union européenne.
Les motivations turques pour intervenir au nord de l'Irak
 | | Igor Ivanov (archives) | Le ministre russe de la Défense Sergueï Ivanov a déclaré lundi que, selon ses informations, les forces turques étaient entrées en Irak il y a deux jours. Samedi, en effet, différentes sources faisaient état qu'environ 1500 soldats turcs avaient pénétré dans la zone sous contrôle kurde dans le nord de l'Irak. Ces informations n'avaient toutefois pas pu être vérifiées. Dimanche, le premier ministre turc Erdogan avait assuré qu'Ankara agirait en accord avec Washington alors qu'une heure plus tôt, le président George W. Bush affirmait qu'il avait fait savoir très clairement aux Turcs qu'il attendait d'eux qu'ils n'entrent pas dans le nord de l'Irak. Washington craint des heurts entre les factions kurdes qui contrôlent le nord de l'Irak depuis la fin de la guerre du Golfe en 1991 et l'armée turque, alors que ses propres forces arrivent, par avion, dans la région pour prendre à revers les forces de Saddam Hussein.
 | | Kurdistan | Ankara maintient en Irak du nord, depuis 1997, une présence militaire pour lutter contre les rebelles kurdes turcs du Parti des travailleurs du Kurdistan qui s'y sont réfugiés après 15 années de lutte sanglante en Turquie. Mais Ankara craint aujourd'hui qu'une déstabilisation de la région, provoquée par la guerre, ne relance la guérilla séparatiste dans sa propre province frontalière du sud-est anatolien, peuplée elle aussi de Kurdes. Le gouvernement turc cherche donc à s'assurer que les factions kurdes irakiennes, qui ont arraché le contrôle du nord du pays aux forces de Saddam Hussein à la fin de la guerre du Golfe en 1991, ne chercheront pas à proclamer leur indépendance à la faveur de la guerre, initiative qui pourrait réveiller les velléités séparatistes de son côté de la frontière.

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