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Bassorah en état de siège

Mise à jour le samedi 22 mars 2003, 22 h 52 .

Selon un correspondant de la chaîne arabe Al-Jazira, des bombardements et des combats autour de la ville de Bassorah auraient fait une cinquantaine de morts, samedi. L'information proviendrait d'un hôpital de cette grande ville du sud de l'Irak autour de laquelle les troupes anglo-américaines continuent de combattre les forces irakiennes. Il y aurait également une centaine de blessés parmi la population civile. Les combats et duels d'artillerie se poursuivraient toujours dans la périphérie de Bassorah. Plusieurs soldats coalisés auraient été tué au cours des combats.Extrait vidéoExtrait audio

Contournement possible de Bassorah

L'objectif premier des troupes coalisées étant la ville de Bagdad, le commandement américain pourrait envisager de contourner la ville de Bassorah et de l'encercler plutôt que d'y engager d'importantes forces terrestres dans des combats de rues risqués avec les défenseurs irakiens.

De son côté, le général américain Tommy Franks, a assuré que l'opération menée par les forces américaines et britanniques en Irak était « une guerre de libération, pas d'occupation ». Il a garanti que les forces américano-britanniques aux portes de Bassorah, la grande ville stratégique du sud irakien, n'entreraient pas dans la ville. « Nous n'entendons pas traverser Bassorah et créer des confrontations dans cette ville », a-t-il dit.

Violents combats près de Nadjaf

Les troupes coalisées rencontreraient une opposition importante des troupes irakiennes le long de l'Euphrate, près de la ville sainte de Nadjaf, à 160 kilomètres au sud de Bagdad, selon des sources irakiennes et américaines. En effet, de violents combats auraient retardé la progression des troupes américaines et britanniques vers Bagdad qui auraient rebroussé chemin après avoir rencontré l'armée irakienne sur la rive ouest de l'Euphrate, selon un représentant du parti Baas irakien. Les Américains n'ont cependant pas confirmé cette dernière affirmation.

Prise de la ville de Nassiriyah

D'autre part, les forces américaines qui remontent vers Bagdad ont pris la ville de Nassiriyah. Cette agglomération urbaine est située à quelque 180 km au nord-est de la frontière koweitienne, à mi-chemin de la capitale irakienne, Bagdad.

Nassiriyah constitue un point de passage stratégique sur le fleuve Euphrate, que les Américains longeaient pour l'instant à l'ouest. Dans la nuit de vendredi à samedi, la 3e division d'infanterie a engagé les forces irakiennes qui y résistaient et fait prisonniers entre 1000 et 2000 soldats irakiens. Toujours selon le général Franks, « des milliers d'autres soldats (irakiens) ont déposé les armes et sont rentrés chez eux ». Depuis le début du conflit, les forces américano-britanniques comptent sur des défections massives dans les rangs irakiens afin de leur faciliter la tâche et d'abréger la guerre.

Résistance irakienne à Oum Qasr

Un soldat américain hissant son drapeau dans la ville d'Oum Qasr.
C'est dans le secteur du sud-est irakien que les forces américano-britanniques rencontrent jusqu'à présent le plus de résistance. La région est stratégique pour sa production pétrolière et également comme seul port océanique en eaux profondes du sud irakien. Selon le colonel américain Lockwood, la quasi-totalité du port stratégique d'Oum Qasr, à une quarantaine de kilomètres au sud de Bassorah, était samedi sous le contrôle américain, mais des soldats irakiens résistent encore par endroits. Depuis vendredi, plusieurs déclarations en provenance de Washington annonçant la prise d'Oum Qasr ont été démenties autant par Bagdad que par les combats qui s'y déroulent par intermitence.

Puits de pétrole en feu

Les forces américano-britanniques s'apprêtent à tenter de maîtriser les neuf puits de pétrole incendiés dans les champs pétrolifères de Roumaila. Des équipes spécialement formées s'apprètent à combattre les incendies qui font rage dans des puits de pétrole de cette région dont la production quotidienne peut dépasser le million de barils, soit près de la moitié de la production totale de l'Irak qui se chiffrait à 2,5 millions de barils/jour, avant le déclenchement des hostilités.

Le général américain, Vince Brooks, a déclaré samedi lors d'une conférence de presse au Qatar que l'Irak avait «saboté» neuf puits de pétrole au total. Les autorités irakiennes ont démenti avoir incendié des puits, indiquant qu'elles avaient ordonné de mettre le feu à des tranchées remplies de pétrole dans le but de freiner la progression des forces américano-britanniques et de rendre plus difficile l'identification de cibles par l'aviation coalisée.

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