On marche à nouveau pour la paix dans le monde Mise à jour le samedi 22 mars 2003, 23 h 10 . Tandis que la guerre fait rage dans le Golfe, des pacifistes du monde entier sont descendus de nouveau dans les rues pour manifester leur opposition à la guerre.
Au Canada, des manifestations contre la guerre en Irak ont été tenues dans plusieurs grandes villes dont Ottawa, Toronto, Québec, Vancouver, Calgary et Halifax. Encore une fois, c'est à Montréal que l'on a observé le plus gros rassemblement de manifestants. Les organisateurs parlent de 200 000 participants.
Aux États-Unis
 | | À washington... | À New York, quelque 200 000 personnes se sont réunies sur l'avenue Broadway pour entreprendre une marche s'étendant sur une trentaine de pâtés de maison. À Washington, où la tension était palpable, des milliers de manifestants ont protesté contre le président Bush et son intervention militaire, aux abords de la Maison-Blanche. Ils ont ensuite marché dans les rues de la capitale, bloquées par la police afin d'éviter la dispersion des manifestants. Les capitales européennes mobilisées
Des foules de dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblées partout en Europe au quatrième jour de l'offensive militaire américaine en Irak, pour une journée de protestation contre ce conflit.
 | | Londres | À Londres, 250 000 personnes ont défilé dans le centre de la capitale, selon les organisateurs, un chiffre évalué à 60 000 par la police. L'Espagne a aussi attiré les foules pour la paix. Quelque 2000 personnes étaient rassemblées à Bilbao. À Barcelone, ils étaient près d'un million à défiler dans les rues, selon les organisateurs, la mairie en dénombrant plutôt 500 000. La plate-forme citoyenne « Arrêtons la guerre », qui organisait le défilé, demandait la démission du chef du gouvernement espagnol, José Maria Aznar, qui s'est aligné sur Washington. À la fin de la manifestation, les organisateurs ont appelé à une grève de 15 minutes entre 11h00 et 11h15, mercredi prochain. À Madrid, les organisateurs ont dirigé le cortège vers le centre-ville plutôt que vers le Palais de Moncloa, présidence du gouvernement, tel que prévu originalement. Ce parcours initial leur a été refusé par les autorités.
 | | Rome | En Italie, où la mobilisation a été importante lors des précédents défilés, deux manifestations étaient prévues à Rome, la première à l'appel du comité « Arrêtons la guerre » et la seconde à l'appel de l'opposition parlementaire de gauche. En Allemagne, quelque 30 000 personnes se sont rassemblées dans le centre de Berlin et des milliers d'autres dans des grandes villes du pays. Quelque 15 000 Kurdes ont aussi manifesté dans le calme à Francfort. En Finlande, à Helsinki, près de 20 000 manifestants ont exigé l'arrêt immédiat des opérations militaires américano-britanniques en Irak et la traduction en justice du président américain George W. Bush. Ce chiffre représente un record dans l'histoire contemporaine de la Finlande. En Norvège, environ 10 000 personnes ont manifesté devant l'ambassade américaine à Oslo contre la guerre en Irak, selon une porte-parole du Réseau « Initiative pour la paix », qui rassemble 186 associations. De 7000 à 10 000 personnes ont manifesté devant l'ambassade des États-Unis à Copenhague, au Danemark, pour protester notamment contre la participation militaire du Danemark dans ce conflit et stigmatiser le gouvernement danois, qualifié de « valet de l'Amérique » par les manifestants.
Dans le nord de l'Europe, les opposants à la guerre étaient environ 20 000 à Amsterdam, près de 10 000 à Bruxelles et au moins 80 000 à Paris, dont de nombreux jeunes, des Kurdes, des pro-Palestiniens ou encore des Américains hostiles à la guerre. En Suisse, la situation était tendue à Berne, où la police a utilisé des canons à eau, des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc au cours d'une manifestation à laquelle participaient plusieurs milliers de personnes.
À Athènes, ce sont près de 7000 personnes, selon la police, et 30 000, selon les organisateurs, qui ont manifesté pour une troisième journée consécutive. Vendredi, plus de 200 000 personnes avaient manifesté à Athènes, la plus grande manifestation des dernières années.
De l'autre côté du Pacifique
 | | Australie | En Australie, pays participant à la guerre, des milliers de manifestants ont complètement bloqué la circulation dans plusieurs villes. En Nouvelle-Zélande, des milliers de personnes ont également défilé dans les villes du pays. À Bangkok, en Thaïlande, un demi-millier de manifestants se sont rassemblés samedi devant l'ambassade américaine tandis que des milliers de musulmans des provinces du sud du pays ont prié pour la paix. À Taïwan, pays allié des États-Unis, une centaine de manifestants ont défilé dans la capitale.
En Asie
Réclamant la fin de l'intervention militaire conduite par les États-Unis en Irak, des milliers de manifestants ont défilé samedi en Indonésie, plus grand pays musulman du monde. À Jakarta, 3000 manifestants se sont rassemblés devant l'ambassade des États-Unis en brandissant des portraits du président George W. Bush, du premier ministre britannique, Tony Blair, et du chef du gouvernement australien, John Howard, qualifiés de « terroristes » et de « criminels de guerre » par les manifestants.
Au Bangladesh, pays également à majorité musulmane, une grève générale a été suivie samedi, mais aucun incident notable n'a été signalé. Dans la capitale, Dacca, quelque 6000 étudiants professeurs et employés de l'université ont défilé dans les rues, selon des témoins. En Corée du Sud, des centaines de personnes ont défilé contre l'intervention militaire et pour exiger du gouvernement l'annulation de l'envoi d'effectifs en Irak. Selon une déclaration lue au cours de ce rassemblement, le gouvernement sud-coréen chercherait à obtenir des États-Unis une garantie pour un règlement pacifique de la crise nucléaire avec la Corée du Nord en échange d'un soutien de Séoul à l'effort de guerre de Washington en Irak.
Dans le Monde arabe, la colère monte
 | | Gaza | Dans le monde arabe, où la colère gronde depuis le début des hostilités, des milliers de personnes sont descendues dans les rues de plusieurs villes pour dénoncer cette guerre. Près de 10 000 manifestants, pour la plupart des étudiants de l'université islamique de Gaza, ont manifesté samedi midi contre la guerre en Irak, conspuant les États-Unis, la Grande-Bretagne et leurs alliés arabes. Portant des bannières du Hamas, le principal mouvement islamique palestinien, et des drapeaux irakiens, les étudiants de l'université islamique ont défilé pendant une heure et demie au centre-ville de Gaza, à l'appel du syndicat étudiant de l'université, contrôlé par Hamas. Une autre manifestation à l'appel du Fatah du dirigeant palestinien, Yasser Arafat, a rassemblé un millier de personnes dans un défilé distinct, durant lequel flottaient des drapeaux irakiens, mais aussi français et allemands, en guise de soutien à l'opposition de ces deux pays européens à la guerre.
 | | Barheïn | Au Caire, en Égypte, 7000 étudiants ont défilé, tandis qu'au Bahreïn, la violence a éclaté entre les manifestants et la police, cette dernière ayant été la cible de tirs de pierres. Les protestataires ont aussi fait exploser deux bonbonnes de gaz. À Khartoum, au Soudan, un étudiant qui manifestait pour la paix en compagnie d'une centaine de ses pairs a été tué par balles, alors qu'il tentait de s'approcher de l'ambassade américaine.
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