Gel des avoirs irakiens dans plusieurs pays Mise à jour le vendredi 21 mars 2003, 15 h 32 .  | | Le capitole à Washington | L'administration du président George W. Bush ordonne la saisie de tous les avoirs non diplomatiques du gouvernement irakien aux États-Unis, a annoncé jeudi le département du Trésor.
Cet ordre de saisie «autorise également le Trésor à utiliser les fonds pour le bénéfice et le bien-être du peuple irakien», ajoute le communiqué du département du Trésor. L'administration américaine a promis d'utiliser la plus grande partie de ces sommes pour alimenter un fonds dédié à la reconstruction de l'Irak et à la fourniture d'aide alimentaire au peuple irakien. Le président Bush a fait usage du Patriotic Act, adopté au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, pour donner l'ordre au département du Trésor de saisir les avoirs irakiens totalisant de 1,74 milliard de dollars gelés dans 18 banques américaines et de les virer sur un compte du gouvernement américain pour les utiliser en Irak.
 | | (archives) | Washington appelle aussi «le monde à identifier et geler tous les avoirs de Saddam Hussein, du régime irakien et de ses agents pour répondre aux obligations internationales». «Aujourd'hui nous avons lancé une offensive financière contre le régime de Saddam Hussein», a affirmé le secrétaire au Trésor, John Snow, devant la presse. 400 millions de dollars ont été saisis par la Grande-Bretagne, 85 millions de dollars par les Bahamas, 20 millions de dollars aux îles Caïmans et plus de 14 millions de dollars au Japon. Les autres pays qui avaient décidé de geler des avoirs irakiens sont le Sénégal, le Canada, l'Arabie Saoudite, le Liban, les Pays-Bas, l'Égypte, l'Allemagne et le Bahreïn, selon la même source, qui ajoute que d'autres pays peuvent également avoir pris des mesures similaires.
La résolution de l'ONU sur les sanctions imposées par la communauté internationale après l'invasion du Koweït par les troupes de Saddam Hussein, en août 1990, prévoyait déjà le gel des avoirs irakiens issus de l'exploitation pétrolière.
 | | Des barils de pétrole | Selon des estimations de responsables gouvernementaux américains, le régime de Saddam Hussein a produit plus de six milliards de dollars de bénéfices depuis 1996, notamment par la vente au noir d'une partie du pétrole irakien dont le commerce était pourtant contrôlé par l'ONU. Selon un responsable du Trésor, une grande partie de ces bénéfices ont pu servir à des objectifs illicites, y compris à la production d'armes de destruction massive. D'autre part, les États-Unis ont aussi annoncé jeudi avoir demandé à une série de pays de fermer les ambassades d'Irak sur leur territoire et de faire en sorte que les principaux représentants du président Saddam Hussein partent rapidement. Les États-Unis ont présenté cette requête peu après le lancement de leur guerre contre l'Irak jeudi à l'aube.

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