L'économie occidentale en suspens Mise à jour le vendredi 21 mars 2003, 0 h 26 . À la suite du déclenchement de l'offensive américano-britannique en Irak, les marchés boursiers ont ouvert à la baisse, en Europe et aux États-Unis. Inquiètes des conséquences d'une guerre sur l'économie, les grandes institutions bancaires et l'Organisation des pays exportateurs de pétrole s'apprêtent à parer à toute éventualité. Certaines ont déjà pris des mesures pour stabiliser l'économie.
Déprime des marchés boursiers
Partout en Occident, les investisseurs prennent peu d'initiatives, en raison des incertitudes liées à la guerre et à ses répercussions sur l'économie mondiale.
À New York, Wall Street a ouvert en baisse dès le début de la séance : le Dow Jones a perdu plus d'un demi pour cent et l'indice des valeurs technologiques , le Nasdaq, ayant baissé lui aussi de 0,88 %.
Les places boursières européennes connaissent également une journée morose. À Paris, le CAC 40 a pour l'instant connu le plus grand recul, soit 0,73 %. Pour sa part, Londres a baissé de 0,68 %, Bruxelles de 0,32 %, Frankfort de 0,62 % et Amsterdam de 0,33%.
Les banques centrales sur le qui-vive
ÀFrancfort, la Banque centrale européenne s'est dite prête, quelques heures à peine après le début de l'offensive contre l'Irak, à « réagir à toute perturbation sur les marchés financiers ». En réaction aux attentats du 11 septembre 2001 à New York, elle avait déjà procédé d'urgence à une injection exceptionnelle de plusieurs dizaines de milliards d'euros de liquidités dans le circuit bancaire pour assurer la stabilité du système financier.
La Banque du Japon a pour sa part déjà paré à toute éventualité en injectant 1000 milliards de yen sur le marché monétaire à court terme.
Mardi, la Réserve fédérale américaine a décidé de ne pas changer son principal taux directeur. Cette décision unanime du Comité de politique monétaire de la Banque centrale américaine découlait des prévisions des analystes. Le taux interbancaire au jour le jour, principal instrument de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine, est donc maintenu à 1,25%, son plus bas niveau depuis 42 ans. Il avait été abaissé d'un demi-point, le 6 novembre dernier, afin de relancer la consommation.
L'OPEP aux aguets
L'OPEP répète qu'elle est prête à mettre sur le marché ses capacités excédentaires de pétrole, si la situation en Irak l'exige. L'Organisation des pays exportateurs de pétrole affirme qu'il n'y a cependant aucun signe de pénurie pour l'instant. L'Irak, qui exportait quelque trois millions de barils par jour, a suspendu ses activités. Les spécialistes craignent que Bagdad mette le feu à ses puits pour empêcher les Américains de mettre la main sur leurs réserves de pétrole, ce qui entraînerait une grave pénurie du précieux carburant, indispensable aux économies occidentales. Des rumeurs sur l'incendie de trois puits de pétrole irakiens ont déjà momentanément fait grimper le cours du pétrole dans la journée de jeudi. Mais le prix du baril de brut a sensiblement chuté le début des opérations faisant espérer un règlement rapide de la situation en Irak.
Lundi, le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a annoncé la suspension du programme pétrole-contre-nourriture, qui permettait depuis 1995 à Bagdad d'exporter du pétrole en échange de produits de première nécessité. Les cours du brut sont actuellement dans la fourchette de 22 à 28 dollars le baril, qui est l'objectif des pays de l'OPEP.
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