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Réactions dans le monde au déclenchement de la guerre

Mise à jour le jeudi 20 mars 2003, 20 h 51 .

Le début de l'intervention américaine en Irak a immédiatement suscité des réactions dans le monde entier. Si certains pays appuient la guerre contre l'Irak, d'autres la dénoncent avec force. Voici les premiers commentaires qui ont été émis :

Certains pays soutiennent l'action militaire

Junichiro Koizumu
  • JAPON: le premier ministre japonais Junichiro Koizumi a réitéré son soutien à Washington jeudi après le début de l'offensive américaine contre l'Irak. « Je comprends et je soutiens le début de l'usage de la force par les États-Unis », a déclaré M. Koizumi lors d'une conférence de presse.


  • DANEMARK
  • : le premier ministre Anders Fogh Rasmussen a pour sa part assuré que le président américain George Bush lui avait personnellement confirmé que « cette guerre était dirigée non contre l'Irak, mais contre un dictateur cynique » et qu'elle était la seule solution possible puisque « tous les efforts pour arriver à une solution pacifique avaient été infructueux ».

  • CORÉE DU SUD: le président sud-coréen Roh Moo-Hyun a apporté jeudi le soutien de son gouvernement à la guerre contre l'Irak et promis des soldats qui participeront à la reconstruction après le conflit. La Corée du Sud a également renforcé ses mesures de sécurité face à la Corée du Nord.


  • TURQUIE
  • : le président turc Ahmet Necdet Sezer a regretté l'action unilatérale des États-Unis contre son voisin, d'après l'agence semi-officielle Anatolie. Toujours d'après les mêmes sources, le président turc estime que le processus de désarmement de l'Irak par les Nations unies aurait dû se poursuivre. Cependant, le parlement turc a voté l'ouverture de son espace aérien aux avions américains. Le gouvernement a en effet appelé les députés «à autoriser, à ce stade, l'utilisation par des éléments aériens armés étrangers de l'espace aérien turc pour une possible opération militaire».

  • Au sein même des États-Unis, le général Schwarzkopf, qui avait dirigé les opérations militaires lors de la guerre du Golfe en 1991, a avoué sa complète surprise par le fait que l'attaque contre l'Irak ait débuté par des frappes limitées. «Ma première réaction a été un choc total parce que nous pensions que cela commencerait par une attaque géante contre le centre-ville de Bagdad», a déclaré le général en retraite sur la chaîne de télévision MSNBC. Le général Schwarzkopf a confié qu'au début de la première guerre du Golfe, les forces de la coalition avaient failli tuer Saddam Hussein.

    Tony Blair
  • GRANDE-BRETAGNE: le premier ministre britannique Tony Blair a été informé peu après minuit que des frappes étaient lancées sur Bagdad. Selon son porte-parole, M. Blair s'exprimera en «temps utile» en ce qui concerne la participation des forces britanniques.

  • Les organisations musulmanes de Grande-Bretagne ont quant à elles dénoncé un « jour noir » pour l'histoire. Le dirigeant du Parlement musulman du pays, qui regroupe 350 associations, affirme que cette guerre risque de «provoquer davantage de morts, de destructions et inciter à la haine et à l'extrémisme».

  • ROUMANIE
  • : elle a apporté son soutien à l'intervention militaire américaine, « pour faire respecter les résolutions de l'ONU », quelques heures après le début de la guerre contre l'Irak. Pour ce pays, le déclenchement de la guerre contre Bagdad représente « l'ultime option » pour désarmer le régime de Saddam Hussein.

  • ITALIE
  • : le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, un des principaux alliés européens du président George W. Bush, a exprimé jeudi l'espoir que la guerre en Irak serait « brève et avec peu de victimes civiles ».

  • PAYS BALTES
  • : l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie sont des membres de la coalition dirigée par Washington. Ils se sont dits prêts à apporter une aide humanitaire à l'Irak.

    D'autres s'y opposent

  • LIBAN
  • : le président Emile Lahoud a qualifié d'« agression » le déclenchement par les États-Unis de la guerre contre l'Irak sans l'aval de l'ONU et appelé le camp de la paix à agir rapidement pour l'arrêter.

  • MAROC
  • : le Maroc éprouve une « grande déception » devant « le choix du recours à la force » pour résoudre la crise irakienne, a déclaré jeudi à Rabat le porte-parole du gouvernement marocain, Nabil Benabdellah. Le roi Mohammed VI du Maroc, qui s'est efforcé « d'oeuvrer pour une solution pacifique » au contact de « plusieurs dirigeants dans le monde », insiste sur la nécessité de « respecter l'intégrité territoriale de l'Irak ».

  • ALLEMAGNE: Berlin a exprimé sa « grande inquiétude » et manifesté sa « consternation » à la suite du début de la guerre contre l'Irak. Pour le chancelier Schroeder, « la guerre est toujours la défaite de la politique ». Dans un communiqué, le gouvernement allemand a rappelé qu'avec la France, la Russie et d'autres partenaires, il avait entrepris « de grands efforts pour rendre possible un désarmement pacifique de l'Irak et ainsi empêcher la guerre ». Selon Berlin, maintenant tout doit être fait pour « éviter au peuple irakien une catastrophe humanitaire ».

    Le dernier dirigeant de l'URSS, Mikhaïl Gorbatchev
  • RUSSIE: la Russie « regrette » le début des opérations militaires contre l'Irak, selon l'agence Interfax citant une source gouvernementale russe. Le président russe Vladimir Poutine a demandé un « arrêt rapide de l'opération militaire », et ajouté qu'elle était « une grave erreur politique ». « Jusqu'au dernier moment, Moscou n'avait pas perdu espoir que le problème irakien pourrait être résolu dans le cadre de la loi internationale et que l'utilisation de la force pourrait être évitée », a ajouté le président.

    Par ailleurs, l'ancien président soviétique Mikhaïl Gorbatchev a qualifié jeudi la guerre en Irak de « grosse erreur politique » et accusé l'administration américaine de considérer le monde comme sa « propriété ». « La guerre va miner la sécurité du monde et discréditer le Conseil de sécurité » des Nations unies, a déclaré l'ancien chef d'État, au cours du Troisième Forum mondial de l'eau qui se tient actuellement au Japon.


  • IRAN: l'Iran, autre pays de l'« axe du mal » selon George Bush, a condamné jeudi le déclenchement de la guerre lancée par les Américains contre son voisin irakien, la qualifiant d'« injustifiable et illégitime ».


  • Une manifestation contre la guerre en Irak a rassemblé 100 000 personnes à Karachi le 2 mars dernier.
  • PAKISTAN: un haut responsable de la principale coalition islamiste pakistanaise a déclaré que « l'Amérique venait de signer son arrêt de mort » avec le déclenchement de la guerre contre l'Irak. Maulana Fazlur Rehman, secrétaire général du Muttahida Majlis-e-Amal (MMA), a déclaré: « Désormais, le jihad (guerre sainte) est justifié, mais cela doit être un jihad contre l'oppression américaine, et non contre le monde occidental en général ». Maulana Fazlur Rehman, chef du Jamiat Ulema-i-Islam (JUI), a qualifié pour sa part cette attaque de « guerre contre l'humanité ». Le MMA, qui détient 20% des sièges à l'assemblée nationale élue en octobre, a appelé à une grande manifestation dimanche à Lahore.


  • INDONÉSIE: des responsables musulmans modérés et radicaux d'Indonésie, premier pays musulman au monde, ont réagi jeudi avec colère au début de la guerre en Irak et une petite organisation islamiste a appelé tous les musulmans au jihad (guerre sainte). Le gouvernement indonésien, fermement opposé à cette guerre, a entamé pour sa part une réunion spéciale. Près de 90% des 212 millions d'Indonésiens sont musulmans.


  • MALAISIE
  • : ce pays, à majorité musulmane, et président en exercice du Mouvement des non-alignés, a dénoncé le déclenchement de la guerre. Pour le premier ministre, Abdullah Ahmad Badawi, « la campagne internationale pour débarrasser le monde du terrorisme va être affaiblie ».

  • BELGIQUE: le premier ministre belge Guy Verhofstadt a déploré le lancement des opérations de guerre en Irak et a condamné « la renonciation à l'ordre juridique international », lors d'une brève conférence de presse jeudi matin à Bruxelles. Il a affirmé que la Belgique, la France et l'Allemagne, qui avaient pris la tête des opposants à la guerre au sein de l'Union européenne, continueront ensemble à oeuvrer pour un retour rapide à la paix.


  • Le pape Jean-Paul II
  • VATICAN
  • : Le Saint Siège a déploré « avec une profonde peine» le déclenchement de l'opération militaire contre l'Irak «et que l'on ait interrompu la voie des négociations selon le droit international pour arriver à une solution pacifique du drame de l'Irak ». Mais d'un autre côté, il s'est déclaré déçu « que le gouvernement irakien n'ait pas respecté les résolutions des Nations unies ».

  • UKRAINE
  • : le président Léonid Koutchma, qui ne cautionne pas officiellement la guerre contre l'Irak, s'est déclaré « très inquiet » du déclenchement de l'offensive anglo-américaine et espère « qu'elle fera le moins de victimes possible ». Il a déclaré que son pays « aidera la population civile en la protégeant des conséquences d'une attaque à l'arme chimique ou bactériologique ». Pour ce faire, le Parlement ukrainien a voté l'envoi d'une unité de quelque 500 hommes spécialisée dans la décontamination au Koweït. Cette équipe ne devrait pas participer aux opérations d'attaque.

  • JORDANIE
  • : ce pays frontalier de l'Irak, qui s'attend à recevoir un grand nombre de réfugiés irakiens sur son sol, s'est déclaré « très inquiet » des répercussions de la guerre sur le peuple irakien et dans la région.

  • SLOVÉNIE : elle regrette « que cette guerre en Irak ait commencé » et espère qu'elle ne modifiera pas le vote des Slovènes qui doivent se prononcer ce week-end par référendum sur l'adhésion de leur pays à l'Union européenne et à l'OTAN.


  • VENEZUELA: Le président vénézuélien Hugo Chavez a souhaité «que l'on respecte les Nations unies et le droit international pour régler les conflits», jeudi à Caracas. Le ministre des Affaires étrangères, Roy Chaderton, avait rappelé peu avant le rejet d'une guerre en Irak de la part du gouvernement vénézuélien. «Il n'y a pas de bonnes guerres, même pas celles qui se gagnent», avait-il estimé.


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