L'Irak pilonné Mise à jour le jeudi 20 mars 2003, 21 h 33 . Les forces de la coalition américaine ont lancé leurs opérations militaires d'envergure en Irak. Ils ont bombardé Bagdad à l'aide de missiles de croisière. Selon les journalistes de l'Agence France-Presse restés sur place, ces missiles auraient atteint trois bâtiments de la rive gauche du Tigre. Un premier contingent de Marines, appuyé par des soldats britanniques, aurait également pénétré en Irak, procédant au début des opérations au sol.
La coalition a également lancé dans la journée une violente attaque d'artillerie sur l'Irak, à partir du nord du Koweït.
Des journalistes de l'agence Reuters postés en Irak ont aussi constaté de fortes explosions dans la direction de Bassorah, le grand port irakien du Golfe, une des cibles prioritaires de la coalition anglo-américaine dans son projet d'invasion du pays pour renverser Saddam Hussein et désarmer l'Irak.
Cette attaque fait elle-même suite à une série de trois raids effectués à l'aube sur la capitale irakienne, moins de deux heures après l'expiration de l'ultimatum américain réclamant l'exil du président Saddam Hussein. Ces frappes auraient fait une première victime civile, selon des sources irakiennes ainsi que la Croix-rouge.Une série de raids a effectivement frappé le sud-est de Bagdad jeudi à 06h36 heure locale (22h36 heure de l'est). Des colonnes de fumées noires se dégageaient de ce secteur mais il était impossible de déterminer dans l'immédiat la cible exacte des bombardements. Les sirènes d'alerte de Bagdad ont retenti de nouveau à 07h55 heure locale (23h55 heure de l'est) pour annoncer la fin de l'alerte aérienne. Les premiers bombardements ont commencé quelques minutes après le déclenchement des sirènes dans la capitale irakienne, vers 05H35 heure locale (21h35 heure de l'est). La DCA irakienne est aussitôt entrée en action, ce qui s'est traduit par des éclairs dans le ciel. Un deuxième raid a suivi environ une demi-heure plus tard, peu après 06H00 locale (22H00 heure de l'est), visant le sud-est de la ville.
Selon des sources militaires anonymes, il s'agissait de bombardements de précision visant des bâtiments où auraient pu se trouver Saddam Hussein et des hauts responsables de son entourage. Un porte-parole de l'armée irakienne aurait d'ailleurs affirmé que les frappes américaines avaient touché des installations et positions militaires. Selon la chaîne ABC, les bombardements ont été effectués par des avions bombardiers furtifs F-117, des bombardiers stratégiques B-52 et des missiles de croisière lancés à partir de navires. Selon la chaîne CNN, plus de 40 missiles de croisière de type Tomahawk ont été tirés depuis des navires américains sur au moins deux cibles précises. Un haut responsable du Pentagone a indiqué que ces premières frappes étaient de nature limitée en prélude à des opérations militaires plus intenses. Aucun signe de mouvement de troupes n'était détecté sur le terrain à la frontière du pays avec le Koweït, où sont massées les forces américaines et britanniques. Cependant, des tirs d'artillerie ont été entendus jeudi près de cette frontière par des journalistes de l'agence de presse Reuters.
Par ailleurs, la situation était calme à Mossoul, la grande métropole du nord de l'Irak, selon la chaîne satellitaire qatariote Al-Jazira. Aucune opération militaire n'était visible dans cette ville plusieurs heures après les premiers bombardements américains sur Bagdad.
Réactions irakiennes
De son côté, l'Irak affirme que les raids et tirs de missiles américains de jeudi matin sur Bagdad ont frappé des bâtiments inoccupés des médias et des douanes ainsi que des édifices des faubourgs, causant la mort d'un civil. Lors d'une conférence de presse, le ministre de l'Information Mohammed Saïd al Sahaf a aussi affirmé que l'Irak ne possédait plus de missiles Scud, démentant ainsi des informations de sources militaires américaines et koweïtiennes indiquant que des Scud ont été tirés jeudi sur l'émirat.
« J'entends dire que nous avons tiré des missiles Scud sur le Koweït. Je tiens à vous dire que nous n'avons pas de missiles Scud et que j'ignore pourquoi ils ont été tirés», a dit Sahaf. Il a dit que les raids avaient touché des bâtiments vides appartenant à la télévision et à la radio ainsi qu'un autre immeuble vide réservé aux douanes irakiennes.

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