L'Irak, résigné, attend les Américains Mise à jour le mercredi 19 mars 2003, 16 h 54 . Les députés du Parlement irakien, qui se sont réunis mercredi en séance extraordinaire, ont juré de se sacrifier pour leur président Saddam Hussein. «Nous rejetons et condamnons cette insolence et cette agression», a déclaré le président du Parlement, Saadoun Hammadi. Les autorités irakiennes ont également démenti des rumeurs selon lesquelles le vice-premier ministre, Tarek Aziz, avait quitté son gouvernement et ont assuré qu'il continuait à assumer ses fonctions à Bagdad. Quelques heures avant une invasion plus que probable des forces américano-britanniques en Irak, Bagdad a tout de même pris le visage d'une ville morte. L'ambiance y est sombre, les magasins et restaurants fermés, les avenues vides, les trottoirs désertés. Les vitrines des magasins ont été recouvertes. Selon un responsable de la Croix-rouge, les gens se préparent depuis près de deux jours en se procurant de l'eau, de la nourriture et en essayant de protéger leur propriété. La présence des forces paramilitaires s'est faite plus ostentatoire, mais aucun déploiement de l'armée ou de la garde républicaine n'est visible dans le centre de la capitale. Les hôpitaux de Bagdad ont été placés en état de pré-alerte.
Bon nombre de citoyens quittent la ville pour se mettre à l'abri des bombardements à venir. Certains tentent de rejoindre le Kurdistan, d'autres la Jordanie.
L'exode kurde
L'état d'urgence a été proclamé par le Parlement au Kurdistan où des dizaines de milliers de personnes fuient les villes pour se réfugier dans des villages. Le mouvement commencé lundi dans les villes proches de la ligne de démarcation entre le Kurdistan «libéré» et l'Irak sous contrôle de Bagdad s'est amplifié d'heure en heure. Dès mardi, la capitale du Kurdistan, Erbil, s'était vidée. Mercredi, ils étaient des dizaines de milliers à prendre la route un peu partout dans le territoire.

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