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Victoire amère pour Tony Blair

Mise à jour le mardi 18 mars 2003, 19 h 40 .

Débat à Londres
Après de longues heures de débat à la Chambre des communes, les députés britanniques ont fini par donner leur feu vert au premier ministre Tony Blair pour engager les forces britanniques aux côtés de l'armée américaine dans une guerre contre l'Irak. La motion du gouvernement britannique autorisant le recours à la force a été adoptée par 412 des 659 députés de la Chambre des communes; 149 élus ont voté contre.

La Chambre des communes a reconnu ainsi «la menace pour la paix internationale et la sécurité» que représente l'Irak. Elle a blâmé à mots couverts la France comme étant le pays qui a fait échouer le projet de seconde résolution portant sur l'Irak que la Grande-Bretagne, les États-Unis et l'Espagne ont renoncé à porter devant le Conseil de sécurité de l'ONU, «en dépit des efforts diplomatiques soutenus du gouvernement».

À propos de l'après-guerre, la motion affirme que le Royaume-Uni devrait chercher de façon urgente à obtenir une nouvelle résolution du Conseil de sécurité qui réaffirme l'intégrité territoriale de l'Irak, assure le déploiement rapide de l'aide humanitaire et permet la levée le plus tôt possible des sanctions de l'ONU.

Auparavant, certains députés ont sérieusement remis en cause la politique irakienne du premier ministre. En tout, 217 sur les 659 députés britanniques, dont une majorité de membres du Parti travailliste de Tony Blair, ont voté en faveur d'un amendement hostile à une guerre contre l'Irak. Finalement, 396 des députés se sont prononcés contre. Mais ce rejet de l'amendement ne suffit pas à masquer la fronde qui existe au sein même du parti du premier ministre. Ironiquement, il semble davantage soutenu par le parti de l'opposition, le Parti conservateur.

Les dernières 24 heures ont donc été pénibles pour Tony Blair. Le débat à la Chambre mardi a en effet été ponctué par une ovation adressée au ministre des Relations avec le parlement démissionnaire Robin Cook, qui n'a pas voulu cautionner la participation de son pays à une guerre qui n'a pas obtenu l'aval des Nations unies.

Tony Blair a également dû essuyer dans la journée le départ de deux autres ministres. Le ministre de l'Intérieur, John Denham, et le ministre de la Santé, Lord Hunt of Kings Heath, ont également donné leur démission. Les trois ministres refusent aussi de soutenir une guerre que la population britannique n'approuve pas.

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