Anxiété et colère à Bagdad Mise à jour le mardi 18 mars 2003, 17 h 43 . Devant l'imminence d'une guerre américano-britannique contre leur pays, et au moment où tous les étrangers quittent Bagdad, la population irakienne se prépare à faire face à la situation. Les uns cherchent à parer à la future crise, d'autres ont manifesté leur colère dans les rues de Bagdad, pendant que l'armée se prépare à affronter les soldats étrangers.
La peur de manquer de vivres
Des milliers d'habitants de la capitale tentent de faire des provisions. La population, résignée à sa troisième guerre en un peu plus de 20 ans, continue de stocker des vivres et d'autres denrées de première nécessité. Les transactions sur les produits essentiels en temps de guerre commes les bougies, les torches, les piles, le carburant, les lampes et les générateurs, ont connu un vrai boom.
Nourris par l'expérience, les habitants s'attendent surtout à des coupures d'électricité et des pénuries d'eau. Certains particuliers se sont d'ores et déjà équipés de citernes, voire de véritables châteaux d'eau.
Une manifestation contre l'ultimatum
Répondant à un appel des aurorités irakiennes, environ 5000 Irakiens ont manifesté à Bagdad pour défendre le président Saddam Hussein, qui a rejeté l'ultimatum adressé par le président américain George W. Bush afin qu'il quitte le pays avant jeudi. Rassemblés sur la principale avenue du quartier résidentiel Mansour, dans le centre de Bagdad, ils ont promis de mener une «guerre sainte» contre les soldats américains. Des manifestations similaires se sont déroulées dans plusieurs quartiers de Bagdad, où la circulation a été ralentie pendant toute la journée. Les manifestants répondaient à un appel de la télévision d'État qui avait indiqué plus tôt que les Irakiens devaient exprimer leur «condamnation des menaces» du président américain et leur «attachement» à Saddam Hussein.
De nombreux Irakiens pourraient cependant être tentés quitter le pays, ce qui pousse les pays voisins à s'organiser. Le gouvernement de Jordanie a mis des terrains à la disposition du Croissant-Rouge et du Haut-commissariat pour les réfugiés de l'ONU. Des ouvriers jordaniens travaillent à la mise sur pied de deux camps pour accueillir d'éventuels réfugiés irakiens après le déclenchement de la guerre. Des dizaines de milliers de personnes pourront y vivre.
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