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L'ultimatum américain: réactions en chaîne

Mise à jour le mardi 18 mars 2003, 14 h 21 .

Au lendemain de l'ultimatum lancé par Geoge W. Bush à Saddam Hussein lui enjoignant de quitter son pays d'ici 48 heures, faute de quoi il donnerait l'ordre à ses 250 000 soldats massés autour de l'Irak d'entrer en guerre, les réactions affluent des quatre coins du monde.

Le camp de la paix

Gerhard Schroeder
Du côté de la paix, le chancelier allemand Gerhard Schroeder estime que l'importance de la menace qui émane du «dictateur irakien Saddam Hussein» ne justifie pas une guerre et la mort de milliers d'innocents.

Il ajoute que, quoi qu'il advienne dans les prochains jours, son gouvernement sera prêt à donner à la paix la moindre chance qui se présentera. En outre, il a rappelé que, pour souhaitable que soit le départ du président irakien, le but de la résolution 1441 était le désarmement de l'Irak en armes de destruction massive, remettant ainsi en question le droit des États-Unis à engager une guerre dont le but affiché est le renversement du régime, sans l'aval des Nations unies.

Jacques Chirac
La Russie et la France dénoncent également l'ultimatum, appelant une fois de plus à une solution diplomatique. Jacques Chirac a, en outre, déclaré que cet ultimatum constituait une décision unilatérale et contraire à la volonté du Conseil de sécurité des Nations unies et qu'il n'y avait pas de justification à une décision unilatérale de recours à la guerre.

À Moscou, on continue de penser qu'il n'y a aucun fondement pour affirmer que le règlement politico-diplomatique de la situation autour de l'Irak n'a aucune chance d'aboutir. Le chef de la diplomatie russe, Igor Ivanov, se rendra d'ailleurs à New York pour assister mercredi à une réunion du Conseil de sécurité.

Quant à la Chine, elle a tenu à rappeler son attachement à un dénouement pacifique. Le président chinois Hu Jintao continue de travailler pour la paix et s'est entretenu téléphoniquement avec ses homologues français et russe pour tenter de trouver une solution.

Le camp de la guerre

Même si l'opéra de Sydney affiche un slogan antiguerre sur sa façade, les Australiens préparent leurs troupes à épauler les soldats américains. Leur premier ministre a déclaré que l'Irak constituait une menace pour le monde. Une idée que partagent les Japonais, qui ont déclaré que l'usage de la force était justifié.

Tony Blair
Quant au premier ministre britannique, fidèle allié de George W. Bush, il doit subir un examen de passage devant la Chambre des communes. Les députés britanniques doivent débattre puis voter mardi une motion gouvernementale donnant le feu vert, si nécessaire, à une intervention militaire en Irak. Déjà trois de ses ministres ont démissionné depuis lundi.

La Bulgarie a confirmé, quant à elle, qu'elle accorderait un soutien logistique à une opération militaire en Irak. Environ 150 militaires bulgares spécialisés en défense radioactive, chimique et biologique sont ainsi prêts à être envoyés dans les pays voisins de l'Irak. Sofia avait déjà ouvert la base militaire et l'aéroport de Sarafovo, au bord de la mer Noire, pour les avions ravitailleurs américains.

Le clan Hussein réplique

Oudaï Hussein, fils de Saddam
Le fils aîné de Saddam Hussein, Oudaï, a écarté l'idée d'un exil et a annoncé que les soldats américains qui vont entrer en Irak se retrouveront dans une bataille sanglante. Il a ajouté que c'est George W. Bush qui devrait quitter le pouvoir aux États-Unis.

Les pays musulmans s'inquiètent

La Ligue arabe accuse Washington d'agir en dehors de la légitimité internationale et du Conseil de sécurité de l'ONU. Les Philippines craignent que la guerre n'augmente les risques d'attentats islamistes. L'Indonésie, le premier pays musulman au monde, ne croit pas que la diplomatie soit arrivée au bout du chemin.

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