Le gouvernement turc pressé d'agir rapidement Mise à jour le lundi 17 mars 2003, 17 h 55 . En Turquie, des hauts responsables militaires et politiques ont appelé lundi le gouvernement à agir de toute urgence pour que la présence de soldats américains soit autorisée sur leur sol. Cet appel a été lancé à l'issue d'une réunion qui rassemblait des dirigeants du nouveau gouvernement, le président Ahmet Necdet Sezer et plusieurs généraux.
Les États-Unis ont exhorté à plusieurs reprises le gouvernement turc à soumettre de nouveau au Parlement un texte autorisant la présence de soldats américains sur son sol. Washington veut faire transiter par la Turquie des troupes en vue d'une attaque de l'Irak par le nord, ainsi que l'ouverture de l'espace aérien turc aux forces américaines.
Les marchés financiers exercent également des pressions en ce sens car l'économie turque traverse actuellement l'une des plus graves récessions de son histoire et les Américains ont promis de fortes sommes au gouvernement turc en échange de cette autorisation.
Débat prévu mardi au Parlement turc
À la suite de cette réunion, le vice-premier ministre, Abdullatif Sener, a annoncé que le nouveau gouvernement turc discutera mardi de la seconde motion autorisant le déploiement de troupes américaines sur le territoire turc. M. Sener n'a cependant pas précisé à quelle date aura lieu le vote sur cette motion. «Demain, le Parlement prendra connaissance du programme du gouvernement. Ensuite, le cabinet se réunira en séance extraordinaire pour débattre de la résolution», a dit Sener. Le 1er mars, les députés turcs avaient rejeté par trois voix une motion sur l'aide aux États-Unis, provoquant une tension dans les relations turco-américaines. Le gouvernement est pris en tenaille entre une opinion publique très majoritairement opposée à une guerre contre l'Irak et les conséquences appréhendées d'un refus à collaborer avec les Américains. En cas de guerre, la Turquie projette d'envoyer des troupes dans le nord de l'Irak pour contrer les visées séparatistes des Kurdes irakiens. Ankara redoute l'établissement d'un État kurde au nord de l'Irak qui relancerait les visées séparatistes de ses propres Kurdes. À l'instar des factions kurdes d'Irak, Washington est hostile à une intervention unilatérale de l'armée turque dans le Kurdistan irakien.
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