Tony Blair perd un de ses principaux ministres Mise à jour le lundi 17 mars 2003, 20 h 26 .  | | Robin Cook | L'un des principaux ministres du gouvernement britannique, Robin Cook, a démissionné, pour ne pas cautionner la participation de la Grande-Bretagne à une guerre contre l'Irak sans une seconde résolution des Nations unies. Cette action pourrait être imitée par d'autres ministres dans la foulée du débat sur l'Irak prévu à la Chambre des Communes de Londres, mardi. Robin Cook, ancien ministre des Affaires étrangères, était le leader de la Chambre des communes, dont il définissait l'ordre du jour. Dans sa lettre de démission, il salue les «efforts héroïques» du gouvernement pour obtenir une seconde résolution des Nations unies autorisant une action militaire contre Bagdad. Il considère que l'annulation du vote concernant cette résolution n'est pas imputable au gouvernement de Tony Blair. Robin Cook estime toutefois qu'une action militaire sans l'aval de l'ONU n'est pas légitime et refuse d'y être associé. Cette démission porte un coup dur à Tony Blair, dont la politique vis-à-vis de l'Irak a déjà été remise en cause par plusieurs membres de son parti : le 25 février dernier, la majorité des élus travaillistes de la Chambre des communes (122 sur 141) avaient rejeté sa position. Selon les sondages, la majorité des Britanniques s'opposent également à une guerre non entérinée par l'ONU.
Le gouvernement britannique soumettra mardi au vote des députés une motion l'autorisant à utiliser tous les moyens nécessaires pour désarmer l'Irak. Le chef de la diplomatie, Jack Straw, a déclaré qu'il s'agira du plus important débat à se tenir à la Chambre des Communes depuis de nombreuses années. Londres entend aussi proposer le dépôt, dès le début d'une guerre, d'une nouvelle résolution au Conseil de sécurité prévoyant la mise sur pied d'un programme international de reconstruction de l'Irak.
Mais certains députés travaillistes attendent ce débat de pied ferme pour faire valoir leur opposition à une intervention armée dans ces conditions et la ministre Clare Short a annoncé qu'elle décidera à l'issue du débat si oui ou non elle démissionne également.
Pour l'instant, près de 42 000 militaires britanniques ont déjà été déployés dans le Golfe en prévision d'une guerre contre l'Irak aux côtés des troupes américaines.
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