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Retrait de la résolution: le camp de la paix réagit

Mise à jour le lundi 17 mars 2003, 14 h 20 .

La France, la Russie et la Chine ont réagi à la déclaration du trio de la guerre de retirer le projet de résolution qui donnait le feu vert à une action armée, faute de conscensus au Conseil de sécurité.

Quelques minutes après l'annonce de ce retrait de la part des ambassadeurs américain, britannique et espagnol, l'ambassadeur de la France a affirmé qu'un vote en faveur de cette résolution aurait de toutes manières été illégitime considérant le progrès des inspections en Irak et considérant aussi que la majorité du Conseil de sécurité est «contre l'emploi de la force».

Ce constat reflète la position de la majorité des membres du Conseil, selon l'ambassadeur.

«Onze délégations sur quinze rejettent l'usage de la force. Pas par principe, mais parce qu'ils estiment que la guerre doit être le dernier recours », a expliqué le diplomate français. « À partir du moment où nous avons ce désarmement pacifique que la résolution 1441 demandait, il serait illégitime d'aller aujourd'hui à la guerre ».

Les représentants britannique et américain ont fait porter sur la France la responsabilité de l'échec de leur projet de résolution, assurant qu'ils le retiraient à cause de l'intention affichée par Paris, selon eux, d'opposer son veto à toute résolution ouvrant la voie aux hostilités.

« Nous pensons que le vote aurait été disputé mais nous regrettons que face à une menace explicite de veto d'un membre permanent, le décompte des votes devienne une considération secondaire », a déclaré John Negroponte, l'ambassadeur des États-Unis à l'ONU.

À son tour, la Russie a réagi au retrait du projet de résolution mis de l'avant par les États-Unis, l'Angleterre et l'Espagne. Vladimir Poutine a fait sa mise en garde contre une guerre en Irak, y voyant une «erreur» qui déstabiliserait la communauté internationale en plus de faire des victimes.

Le président russe a aussi souligné que dans les circonstances, une action militaire américaine ne reposant que sur les résolutions précédentes du Conseil de sécurité n'aurait «pas de bases légales» puisque la résolution 1441 ne donne pas le droit de recourir automatiquement à la force.

La Russie croit toujours que la crise irakienne ne peut être résolue que par des mesures pacifiques, sous l'égide des Nations unies.

Moscou a toutefois précisé qu'il n'avait pas l'intention de «mettre en exergue l'erreur tragique des États-Unis» et d'en faire de simples «otages des désaccords» sur la question irakienne, leurs relations mutuelles étant trop importantes pour la paix dans le monde.

Le nouveau ministre chinois des Affaires étrangères, Li Zhaoxing, a pour sa part rappelé à ses homologues américain et britannique que la commauté internationale souhaitait «la paix et non la guerre». Il a réitéré la volonté de la Chine d'un règlement pacifique de la crise irakienne, par le biais des Nations unies.

Le nouveau chef de la diplomatie chinoise a répété : «Notre première tâche est de maintenir la paix au Moyen Orient».

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