L'ancienne Europe communiste derrière Bush Mise à jour le vendredi 14 mars 2003, 14 h 47 . Les dirigeants de l'ancienne Europe communiste se sont massivement rangés derrière George W. Bush dans sa campagne contre Saddam Hussein malgré une opinion qui, comme en Europe de l'Ouest, est largement opposée à une guerre contre l'Irak. Au total, 12 pays issus de l'ex-bloc se sont ralliés sans hésitation à la position américaine. Ce sont la Pologne et la Hongrie, qui appartiennent à l'OTAN depuis 1999, et les dix candidates à l'Alliance : la Lituanie, la Lettonie, l'Estonie, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie, l'Albanie, la Croatie, la Macédoine et la Bulgarie. Cette dernière est particulièrement importante car elle est actuellement membre non permanent du Conseil de sécurité.
 | | Vaclav Havel (archives) | En République tchèque, le président Vaclav Havel a signé, à la fin de son mandat, une lettre de soutien aux États-Unis mais le gouvernement s'en est distancé. Son successeur à la présidence, Vaclav Klaus, estime que le renversement du régime irakien par la force est «très discutable». C'est la seule voix quelque peu discordante dans l'ex-Europe communiste. Le soutien de l'Europe de l'Est n'a pratiquement aucune signification militaire dans une coalition internationale contre l'Irak. Encore structurées pour les besoins d'une guerre froide révolue, les forces armées dans la région sont mal équipées et peu mobiles. L'armée américaine a cependant investi des bases en Hongrie, pour y former des exilés irakiens à des fonctions de liaison, et en Roumanie, pour y stationner provisoirement 3000 à 4000 soldats américains.
L'appui de l'ancienne Europe communiste a surtout été important dans la lutte d'influence entre les pro et les antiguerre. Il a permis à George W. Bush de démontrer que la majorité du continent européen partageait son point de vue. Son ministre de la Défense, Donald Rumsfeld, a vanté «la nouvelle Europe, qui connaît le prix du combat pour la liberté parce qu'elle a souffert sous le communisme».
 | | Les dix futurs membres de l'Union européenne. | Les dirigeants est-européens, qui voient encore les États-Unis comme le seul vrai garant de leur sécurité, ont pris le risque de se brouiller avec les principaux moteurs de l'Union européenne que sont la France et l'Allemagne. Ils ont pris aussi le risque de fâcher leurs électeurs. En Europe de l'Est, les opinions publiques sont, comme à l'Ouest, majoritairement hostiles à la guerre. Les trois-quarts des Polonais se déclarent opposés à une intervention militaire en Irak, alors que 20 % d'entre eux la soutiennent, selon un récent sondage de l'institut Ipsos. Les pourcentages sont à peu près identiques en Hongrie.
En Slovénie, la menace de guerre complique singulièrement les efforts du gouvernement pour convaincre les citoyens de ratifier l'entrée du pays dans l'OTAN par référendum le 23 mars. Un dernier sondage, en février, donnait 37 % d'opinions favorables à l'adhésion, 36 % contre et 27 % d'indécis.
En Slovaquie, les partisans d'une adhésion à l'OTAN sont désormais minoritaires, selon les sondages. Un groupe d'opposants espère désormais rassembler les 350 000 signatures nécessaires, selon la Constitution, pour imposer l'organisation d'un référendum, rejeté par le gouvernement.
Cette réticence envers une Alliance dominée par les États-Unis contraste avec la large approbation à l'entrée dans l'Union européenne, constatée dans la plupart des huit pays d'Europe de l'Est qui sont invités à rejoindre l'UE en mai 2004.

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