Nouvelle tentative pour obtenir le feu vert à la guerre Mise à jour le mercredi 12 mars 2003, 22 h 12 . La Grande-Bretagne a lancé mercredi une nouvelle tentative pour obtenir du Conseil de sécurité des Nations unies qu'il adopte une résolution ouvrant la voie à une guerre en Irak. Londres a déposé une annexe au projet de résolution cosigné par les États-Unis, la Grande-Bretagne et l'Espagne, qui définit six conditions auxquelles le régime de Bagdad doit se plier pour prouver sa volonté de désarmer. Les membres du Conseil de sécurité, qui se sont réunis à huis clos mercredi, doivent se pencher sur cette annexe qui demande à Saddam Hussein à :
annoncer à la télévision qu'il renonce à ses armes de destruction massive; autoriser 30 scientifiques irakiens et leurs familles à gagner Chypre pour des entretiens avec les inspecteurs de l'ONU; fournir de l'information sur sa production d'anthrax;fournir de l'information sur sa production d'autres agents biologiques et chimiques; rendre des comptes au sujet du drone découvert par les experts onusiens;détruire tous ses missiles à longue portée.
Les membres du Conseil de sécurité doivent également fixer la date d'un vote sur le projet de résolution déposé par les États-Unis, la Grande-Bretagne et l'Espagne le 24 février dernier. Ce texte donne à l'Irak jusqu'au lundi 17 mars pour faire la preuve de sa volonté de désarmer mais cette date limite est encore susceptible d'être modifiée afin de rallier les voix nécessaires à son adoption. Cependant, des diplomates ayant participé à la réunion à huis clos ont déclaré que l'ambassadeur des États-Unis aux Nations unies, John Negroponte, avait réaffirmé mercredi soir que la date limite du 17 mars tenait toujours.
Le premier ministre britannique, Tony Blair, a désespérément besoin de l'adoption de cette deuxième résolution pour faire face aux critiques de plus en plus vives dont il fait l'objet de la part des membres de son propre parti et de son opinion publique. Il a tout de même affirmé à la Chambre des communes qu'il était «déterminé à rester ferme» sur le dossier irakien et à obtenir cette deuxième résolution de l'ONU. En revanche, le président américain George W. Bush a répété à plusieurs reprises qu'il était prêt à se passer des Nations unies.
Pour être adoptée au Conseil de sécurité, une résolution doit recueillir au moins neuf des 15 voix de ses membres et ne faire l'objet d'aucun veto des cinq membres permanents (États-Unis, Grande-Bretagne, France, Russie, Chine).
Lundi, la France et la Russie ont toutefois annoncé publiquement leur disposition à utiliser leur droit de veto. Le département d'État a ouvertement critiqué Paris, mercredi, l'accusant «d'envoyer un mauvais signal à Bagdad» et d'aller à l'encontre des efforts visant à désarmer l'Irak pacifiquement.
Les six pays membres qui n'ont toujours pas annoncé leur position sur ce projet de résolution ont donc continué mercredi à être courtisés par les deux clans qui s'affrontent. La secrétaire d'État britannique chargée de l'Afrique, Valerie Amos, a terminé une tournée en Angola, en Guinée et au Cameroun pour tenter de les rallier au projet de résolution. Le ministre français des Affaires étrangères Dominique de Villepin venait de faire de même.
Le président Bush a également poursuivi sa campagne d'entretiens téléphoniques, en appelant notamment Moscou et Islamabad. Le Pakistan a annoncé mardi son intention de s'abstenir lors du vote sur la résolution au Conseil de sécurité.
Le président du Chili, Ricardo Lagos, a fait part de sa frustration devant le blocage diplomatique apparent. Le Chili est un autre des pays susceptibles de faire basculer la majorité du Conseil.

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