La position canadienne sans ambiguïté Mise à jour le jeudi 21 août 2003, 8 h 45 .  | | Claude Laverdure | Dans un reportage diffusé à l'émission Le Point de Radio-Canada, lundi, le conseiller du premier ministre en matière de politique étrangère et en défense a clairement confirmé que le Canada ne participerait pas à une opération militaire sans l'aval des Nations unies. Claude Laverdure a, en effet, précisé qu'en cas de vote clair devant le Conseil de sécurité contre le recours à la force militaire, le Canada se pliera au résultat du vote.
Le Canada ne participerait pas non plus à une opération militaire si la Russie et la France opposaient toutes les deux leur veto. Une zone grise subsiste néanmoins : si la proposition américano-britannique est appuyée par neuf voix sur 15, ce qui constitue la majorité nécessaire au Conseil de sécurité, et que seule la Russie oppose son veto, le Canada serait alors dans une position délicate.
Advenant cette dernière hypothèse et qu'Ottawa décidait de partir en guerre, sa participation se limiterait, néanmoins, aux trois navires déjà en opération dans le Golfe. Ainsi, il n'y aurait pas d'envoi d'avions, ni de soldats, ni même de forces spéciales. Le ministre des Finances du Canada, John Manley, a indiqué à ce sujet que, de toute façon, ce n'était pas la force militaire canadienne qui intéressait les États-Unis, mais la caution morale du Canada.
Par ailleurs, à la question de savoir si Ottawa avait les moyens de dire non aux Américains dans la crise irakienne, tous les ministres semblent unanime pour répondre par l'affirmative, mais à la condition de rester discret. Et Pierre Pettigrew, le ministre du Commerce international, d'ajouter que quelque soit la décision canadienne, Washington n'arrêterait pas d'acheter le gaz naturel ou le bois d'oeuvre canadiens.

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