Rien ne va plus pour Tony Blair Mise à jour le lundi 10 mars 2003, 8 h 58 . Le bellicisme de Tony Blair suscite des remous au sein de son propre parti. Un député travailliste britannique, en désaccord avec la politique menée par le premier ministre sur l'Irak, a annoncé dimanche qu'il quittait son poste de secrétaire privé parlementaire dans le cabinet de la ministre de l'Environnement Margaret Beckett. Symbolique, cette démission illustre le malaise que suscite dans les rangs travaillistes la politique irakienne de Tony Blair, qui s'est montré l'allié le plus fidèle des États-Unis dans cette crise.
Les députés sont écartelés entre leur loyauté à l'égard du premier ministre et la pression des militants du parti, qui menacent de leur refuser l'investiture aux prochaines élections s'ils ne s'opposent pas à une guerre.
Selon le Sunday Telegraph, qui en cite nommément quatre, cinq députés travaillistes ont clairement indiqué qu'ils démissionneraient si la Grande-Bretagne entrait en guerre sans mandat de l'ONU. Selon le Sunday Times, une dizaine en tout pourraient démissionner. Leur exemple pourrait être suivi par des figures du gouvernement, comme la ministre chargée du Développement international, Clare Short, ou Robin Cook, ministre chargé des relations avec le Parlement. Le doyen des députés travaillistes à la Chambre des communes, Tam Dalyell, a, par ailleurs, demandé le départ immédiat de Tony Blair.
Pour éviter une crise politique, Tony Blair a désespérément besoin de faire adopter une seconde résolution de l'ONU légitimant une opération militaire. Le premier ministre et les membres de son gouvernement se sont toujours refusés à reconnaître qu'ils engageraient l'armée sans accord des Nations unies, tout en ne l'excluant pas. Toute la question est donc de savoir comment Tony Blair, après avoir ordonné le déploiement de quelque 42 000 soldats dans le Golfe, pourrait faire faux bond aux États-Unis au dernier moment. Il a néanmoins promis de laisser les députés débattre et voter sur la guerre en Irak.
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