La Russie et le Chili rejettent la résolution américano-britannique Mise à jour le samedi 8 mars 2003, 22 h 19 .  | | Le président du Chili, Ricardo Lagos. | Le Chili estime que le délai du 17 mars, accordé par Washington, Londres et Madrid à Saddam Hussein pour se conformer à la résolution 1441 du Conseil de sécurité de l'ONU, est trop court. C'est ce qu'a déclaré samedi à la radio de son pays le président Lagos. Le Chili est l'un des six pays membres non-permanents du Conseil dont le vote serait nécessaire pour l'adoption d'une résolution autorisant explicitement le recours à la force contre Saddam Hussein.
 | | L'ambassade de Russie à Washington. | De son côté, la Russie a catégoriquement rejeté le projet amendé de résolution américano-britannique, déclarant qu'elle ferait tout pour empêcher son adoption au Conseil de sécurité de l'ONU où elle dispose, contrairement au Chili, d'un droit de veto. « La résolution ne passera pas », a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères, Iouri Fedotov, assurant que Moscou allait faire « tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher cette résolution de passer au Conseil de sécurité ». Il a ajouté que le projet de résolution peut ne pas parvenir à réunir la majorité des votes au Conseil de sécurité, mais que, même s'il obtient une majorité de votes, il ne passera pas car la Russie, la France, l'Allemagne et la Chine y sont opposées et ne permettront pas son adoption. Selon le vice-ministre, la résolution introduite par les États-Unis et la Grande-Bretagne, après l'ajout d'un délai avant lequel l'Irak doit déclarer son désarmement complet, est devenue encore plus dure, encore plus orientée vers le déclenchement de la guerre.
Les démarches de la France
 | | Contrairement à Tony Blair, Jacques Chirac peut s'appuyer sur une opinion publique qui adhère à sa position. | Par ailleurs, à quelques jours de la présentation d'une nouvelle résolution devant le Conseil de sécurité des Nations unies, la France cherche à consolider les appuis au camp opposé à une intervention militaire en Irak. Le président Chirac tente de convaincre ses partenaires de la nécessité d'un sommet des chefs d'État sur l'Irak, une initiative immédiatement rejetée par Washington vendredi. La France estime qu'une telle réunion serait dans l'intérêt des États-Unis, notamment s'il devait y avoir un après-guerre. Pour Paris, toute future reconstruction en Irak devra se faire dans le cadre de l'ONU. D'autre part, le ministre français des affaires étrangères, Dominique de Villepin, entame une tournée africaine destinée à s'assurer du soutien de l'Angola, du Cameroun et de la Guinée. Membres du Conseil de sécurité des Nations unies, ces trois pays pourraient faire pencher la balance entre le camp des pro-guerre et celui des opposants à une intervention armée.
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